Retrait du Mali, du Niger et du Burkina de la CEDEAO: "il y a une monnaie qui va venir"

© Photo X / @AESinfosMali, Burkina Faso and Niger announced their withdrawal from the ECOWAS.
Mali, Burkina Faso and Niger announced their withdrawal from the ECOWAS. - Sputnik Afrique, 1920, 29.01.2024
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La sortie du Burkina, du Mali et du Niger de la CEDEAO pourrait amener à une monnaie commune qui sera viable grâce aux richesses des sols des trois pays, a déclaré à Sputnik Afrique Iba Karim, doctorant en Sciences économiques et de gestion, ancien parlementaire burkinabè.
"Si on quitte la CEDEAO, ça sous-entend qu'il y a une monnaie qui va venir. Les trois pays ont tout à gagner en allant avec leur propre monnaie", a-t-il dit.
Sur le plan économique, la devise pourra tenir grâce aux ressources naturelles des trois pays, a expliqué l’universitaire.
"Sur le plan de la réserve d’or […], le Ghana c’est le premier producteur, puis, le Mali le deuxième et le Burkina est troisième […]. Ça veut dire qu’à l’AES, on se retrouve avec le deuxième et le troisième pays producteur d’or. Ce n’est pas petit", a-t-il détaillé.
Et de poursuivre: "Dans le cas des autres minerais et des autres ressources, il y a le Niger avec l'uranium, ce n'est pas petit. Ils ont le pétrole au Mali, au Niger et même au Burkina il semblerait qu’on a du pétrole. Si nous mettons tout ça dans la balance, je pense que notre monnaie pourrait tenir".
Autres avantages
Le choix des pays de l’AES peut s’avérer bénéfique pour le niveau de vie de leurs peuples, indique Iba Karim.
"Cela viendra soulager peut-être même le coût de la vie. Cela viendra soulager les multiples souffrances de la population", a-t-il noté.
En revanche, même si la CEDEAO se propose comme but d’assister les peuples en cas de besoin, les sanctions "inhumaines, irresponsables et irréfléchies" les pénalisent, ajoute l’ancien parlementaire.
"Les pays membres de la CEDEAO […] ne jouent pas correctement leur rôle parce que, avant tout, ils ont l'obligation d'assistance aux peuples […] qui sont dans des difficultés. Nous avons actuellement les trois pays qui traversent des crises sécuritaires, des crises économiques. Mais nous n'avons pas senti la CEDEAO alléger la souffrance de ces populations".

Une décision mûre des trois dirigeants

Tout en saluant le retrait de l’organisation, l’universitaire souligne qu’elle n’a pas été spontanée: "Je pense que c'est une très bonne chose […]. C'est une décision qui n'est pas venue comme ça. Certainement que les dirigeants ont dû mûrir la réflexion avant la sortie".
Dans le même temps, ce repli pourrait semer de la préoccupation au sein de la communauté, estime l’ancien élu.
"C'est une inquiétude pour les autres membres de la CEDEAO parce qu’ils craignent la fragmentation de la CEDEAO. Si les trois pays ne sont pas là, qui sait lequel des autres pays va suivre?", s’interroge-t-il.

La rupture avec la CEDEAO

Les trois pays ont annoncé leur retrait de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest dans un communiqué conjoint diffusé le 28 janvier.
En effet, les pays réfractaires ont des relations tendues avec la CEDEAO depuis que des militaires ont pris le pouvoir, en 2020 au Mali, en 2022 au Burkina Faso et en 2023 au Niger.
L'organisation a pris de lourdes sanctions contre ce dernier et menacé de recourir à la force. La CEDEAO a également suspendu les trois pays de ses organes.
Pour sa part, l’organisation s’est dit être prête à une "solution négociée" et a souligné que les trois pays sont des membres importants de la Communauté.
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