La Russie peut-elle commercer avec l’Afrique en devises nationales?

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Le Continent africain - Sputnik Afrique, 1920, 23.12.2022
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Avant de passer au commerce avec l’Afrique en devises nationales, la Russie doit augmenter son volume d’échanges avec les États africains, estime auprès de Sputnik un spécialiste russe des pays africains. Un modèle "axé sur la pratique" doit apparaître. Pourtant, l'analyse des marchés de la plupart des pays africains "ne fait que commencer".
Alors que l’expérience de la fourniture de céréales par la Russie à la Turquie contre des roubles s’est avéré réussie, ce même mécanisme peut-il être extrapolé sur le continent africain?
Interrogé par Sputnik, Nikolaï Chtcherbakov, historien de l’École des hautes études en sciences économiques (EHESE), établissement russe, et spécialiste du continent africain, reste prudent. Il dresse les conditions et les obstacles que la Russie pourrait rencontrer si elle passait aux échanges en devises nationales avec les États africains.

Plus de livraisons

Tout d’abord, considère le spécialiste, "la Russie doit se soucier d’augmenter le volume des échanges avec les pays du continent et comprendre quels produits et matières premières peuvent être utilisés à cette fin".
"Il sera nécessaire de préparer un modèle axé sur la pratique pour augmenter l'offre et accroître la compétitivité des produits russes", préconise-t-il.

Les partenaires africains

L’expert énumère les pays africains avec lesquels la Russie commerce le plus: des pays d'Afrique du Nord -à savoir l’Égypte, l’Algérie, le Maroc-, ainsi que l'Afrique du Sud, le Soudan, l'Éthiopie, le Nigeria.
L'analyse des marchés d’autres pays africains et leurs besoins "ne fait que commencer".
Un autre obstacle est le fait que les monnaies de la plupart des pays africains ne sont pas assez stables, rappelle l’historien.
C’est pourquoi, pour lui, il est "pour le moment prématuré" de se poser la question du commerce avec eux au moyen de leurs devises nationales.

Livraisons de céréales

Quant au volet céréalier, l’expert pointe également des obstacles. La Russie livre actuellement ses céréales aux pays africains via les traders. L’expert préconise la nécessité de passer "à des relations directes entre fournisseurs et acheteurs".
"En matière de prix, de volumes, de qualité du grain fourni, la Russie pourrait bien faire concurrence à d'autres fournisseurs", détaille-t-il.
Mais, dans la situation actuelle, le commerce céréalier sans traders "n'est guère possible", vu les risques des sanctions.
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