L’Allemagne appelle l’Afrique du Sud à la décarbonisation… mais lui demande du charbon

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charbon - Sputnik Afrique, 1920, 11.12.2022
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Les Allemands, qui ont notablement augmenté leurs importations de charbon sud-africain, font du deux poids deux mesures en appelant l’Afrique du Sud à accroître ses extractions tout en dissertant sur la nécessité d’une transition énergétique dans le pays.
L’ambassadeur sud-africain à Moscou Mzuvukile Maqetuka a relevé les contradictions dans la position allemande envers l’extraction de charbon en Afrique du Sud. D’une part, les Allemands appellent à la décarbonisation, de l’autre, ils voudraient que le pays augmente ses extractions de charbon.
Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, s’est récemment rendu en Afrique du Sud et en Namibie. Dans les deux pays, il a évoqué avec leurs chefs d’État les livraisons de ressources énergétiques et la décarbonisation.
"Les Allemands mènent d’une manière assez agressive leur politique à la recherche de nouveaux marchés d’écoulement. Ils sont arrivés en Afrique du Sud pour parler de la transition énergétique. Dans le même temps, ils ont augmenté de manière colossale leurs importations de charbon sud-africain. La contradiction réside dans le fait que l’Afrique du Sud a arrêté de fait l’extraction et l’utilisation du charbon pour ses propres besoins, mais en vend actuellement à l’Allemagne", a commenté Mzuvukile Maqetuka.

Des réserves pour les 200 ans à venir

Il a fait savoir que son pays avait besoin de ressources énergétiques, mais honorait strictement ses engagements en matière de décarbonisation.
"Nous avons fermé la plupart des mines, bien que nous ayons des réserves de charbon pour les 200 ans à venir. La pression est actuellement exercée sur notre gouvernement pour qu’il reprenne l’extraction de charbon. Des pays européens font d’ailleurs de même: ils rouvrent des mines à l’arrêt", a-t-il indiqué.

L’Afrique du Sud encouragée sur les énergies renouvelables

Le Fonds d’investissements climatiques (CIF), un fonds affilié à la Banque mondiale, a récemment accordé 500 millions de dollars à l'Afrique du Sud pour remplacer une partie de la capacité de ses centrales au charbon. Le financement provient du programme d'investissement Accelerating Coal Transition (CIF ACT) du CIF.
En Afrique du Sud, le fonds sera utilisé pour fermer des centrales électriques au charbon et les remplacer par des centrales d'énergies renouvelables et des systèmes de stockage de batteries, mais aucun autre détail n'a encore été communiqué.
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