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Fixer le prix du pétrole russe? "Entre ce que l’on veut et ce que l’on peut, il y a une différence!"

Fixer le prix du pétrole russe? «Entre ce que l’on veut et ce que l’on peut, il y a une différence!»
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Est-il possible de plafonner le prix du pétrole russe comme le souhaitent les Occidentaux? Non! Et pour cause, "nous sommes dans le monde réel, avec ses contraintes physiques tangibles et incontournables, et non dans celui des rêves et des désirs phantasmatiques", affirme Mourad Preure, expert algérien en pétrole, à Radio Sputnik Afrique.
Lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani jeudi 24 novembre, Vladimir Poutine a mis en garde contre de "graves conséquences" sur l’économie mondiale en cas de plafonnement du prix du pétrole russe. "De telles actions vont à l’encontre des principes des relations commerciales et vont très probablement aboutir à de graves conséquences pour le marché énergétique mondial", a-t-il affirmé, selon un communiqué du Kremlin. En juin, le Président russe avait mis en garde: son pays cesserait immédiatement toutes les livraisons d’hydrocarbures à tout pays qui mettrait en application le plafonnement.
Dans une déclaration à Radio Sputnik Afrique, le Dr Mourad Preure, ex-cadre dirigeant de la Société nationale algérienne des hydrocarbures (Sonatrach) où il était responsable de la stratégie, estime qu’il n’y a aucun doute sur les conséquences fâcheuses, notamment pour l’Europe, qu’entraînerait la mise en application de ce plafonnement du prix du pétrole russe. Néanmoins, selon lui, "entre ce que l’on veut et ce que l’on peut, il y a une très grande différence".
"La Russie fournit plus de 170 milliards de mètres cubes de gaz par an et environ 4,5 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 5% de la production journalière mondiale, à l’Europe", rappelle l’expert, soulignant qu’"on ne remplace pas une telle quantité d’hydrocarbure en une si brève échéance avec un claquement de doigts. Nous sommes dans le monde réel, avec ses contraintes physiques spatio-temporelles tangibles et incontournables, et non dans celui des rêves et des désirs phantasmatiques".

L’Algérie et la Libye peuvent-elles venir au secours de l’Europe?

L’Algérie possède un potentiel gazier réel en conventionnel mais surtout en gaz de schiste. Ses réserves sont parmi les premières dans le monde. La Libye est également dans la même position en termes de potentiel.
Cependant, pour M.Preure, ces deux pays "ne peuvent pas se substituer à la Russie. Car ni leurs réserves prouvées ni les infrastructures nécessaires à l’exploitation de ces ressources ne peuvent fournir autant d’hydrocarbures que la Russie".
Dans le même sens, il explique que "combien même l’Algérie pourrait fournir les quantités nécessaires aux Européens, dont elle a toujours été et sera un partenaire fiable, elle ne se permettra jamais de porter préjudice aux intérêts vitaux de la Russie, qui est son allié stratégique le plus sûr de langue date. D’autant plus que Moscou soutient énergiquement, avec la Chine, l’adhésion de l’Algérie aux BRICS".
Enfin, Mourad Preure explique qu’aussi bien l’Algérie et la Libye que l’ensemble des pays africains "auront besoin dans les années à venir de beaucoup d’énergie, notamment le gaz, pour mener à bien leur développement industriel et leur transition énergétique".
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