Un ambassadeur éthiopien convoqué au Soudan pour ses propos sur un avion abattu à la frontière

Khartoum, Soudan - Sputnik Afrique, 1920, 31.08.2022
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L’ambassadeur éthiopien au Soudan est revenu sur l’incident de l’avion abattu par l’armée de son pays, affirmant que l’appareil venait du Soudan et était chargé d’armes destinées à des rebelles. Le Soudan l’a convoqué pour protester contre "ces allégations infondées". Cet incident survient au plus fort de la reprise du conflit en Éthiopie.
Le Soudan a protesté contre les accusations affirmant qu’il est impliqué dans l’incident d’un avion abattu par les forces éthiopiennes, alors qu’il venait de l'espace aérien soudanais. Selon l’Éthiopie, l’aéronef était chargé d’armes destinées aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), un parti éthiopien d’opposition, au plus fort d’une escalade militaire dans le pays.
Cette déclaration a été faite le 24 août par la Défense éthiopienne et reprise le 29 août par l’ambassadeur éthiopien Yibeltal Aemero Alemu à Khartoum, capitale du Soudan.
"Il ne fait aucun doute que la nouvelle de l'avion qui a survolé l'espace aérien soudanais vers l'espace aérien éthiopien et qui a été abattu par l'armée éthiopienne est vraie", a-t-il dit.
Celui-ci a ensuite été convoqué par la diplomatie soudanaise pour des "ces allégations infondées" qui "sont contraires aux traditions diplomatiques habituelles de communication avec les autorités officielles [...], d'autant plus que les dirigeants des deux pays cherchent en ce moment à renforcer les relations bilatérales", a déclaré dans un communiqué Abdullah Fadl, directeur général des Affaires africaines au ministère soudanais des Affaires étrangères.

Avion détruit sur fond de reprise des hostilités

L’aéronef en question a été abattu dans la soirée du 23 août, car il avait violé l’espace aérien éthiopien en venant du Soudan, a annoncé le porte-parole de la Défense éthiopienne.
Cet incident est survenu alors même que de nouveaux combats ont éclaté entre les forces gouvernementales éthiopiennes et le TPLF.
Addis-Abeba a accusé les rebelles du TPLF d’avoir violé la trêve décrétée il y a quelques mois en lançant une attaque contre l’armée fédérale dans le sud de l’État régional du Tigré. Il a ajouté que l’armée fédérale avait riposté “victorieusement et de manière coordonnée à cette attaque”.
Cette reprise des hostilités intervient alors que le gouvernement fédéral a proposé des pourparlers avec les rebelles sous l’égide de l’Union africaine pour mettre fin au conflit dans le nord du pays, une offre qui a été rejetée par le TPLF.
En mars, le gouvernement éthiopien a décrété une trêve humanitaire illimitée et immédiate pour accélérer l'acheminement de l'aide humanitaire aux personnes dans le besoin dans cette région du nord du pays.
L’État régional du Tigré est en proie à un conflit depuis novembre 2020, lorsque l’armée fédérale éthiopienne avait mené une offensive contre le TPLF, après avoir attaqué le commandement Nord de l’armée éthiopienne et pris en otage plusieurs officiers supérieurs.
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