Un navire allemand lié au projet Nord Stream 2 épargné par les sanctions américaines?

© Sputnik . Ilia Pitalev / Accéder à la base multimédiaChantier du gazoduc Nord Stream 2 (archive photo)
Chantier du gazoduc Nord Stream 2 (archive photo) - Sputnik Afrique, 1920, 23.11.2021
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Alors que le rapport soumis au Congrès évoque deux navires visés par les nouvelles sanctions américaines liées au Nord Stream 2, Bloomberg révèle qu’un seul d’entre eux va être finalement ciblé. Épargnant un navire allemand, Washington ne veut pas "aliéner l’Allemagne" de par ses actions, assure l’agence.
Les États-Unis ont annoncé le 22 novembre de nouvelles sanctions liées au gazoduc russe Nord Stream 2. Un rapport soumis lundi 22 novembre au Congrès évoquait deux navires et une entreprise liés au gazoduc. Mais, selon Bloomberg, Washington a décidé d’épargner l’un d’entre eux: le Blue Ship qui appartient à une entité affiliée au gouvernement allemand.
Ce navire chargé de mettre en place un enrochement le long du Nord Stream 2 a été aperçu le 11 novembre dans les eaux de la Baltique, indique l’agence.
Ces sanctions touchent finalement un navire Marlin et son propriétaire Transadria Ltd., une entité basée à Chypre qui serait une société-écran russe.
Ce rapport est soumis dans le cadre de la loi PEESA (Protection de l'énergie en Europe) de 2019 qui vise à empêcher la réalisation du projet Nord Stream 2 destiné à doubler les quantités de gaz acheminées depuis la Russie vers l'Europe.

"Compte tenu des mesures prises aujourd’hui, l'administration a sanctionné huit personnes et désigné 17 de leurs navires comme biens bloqués en vertu de la PEESA dans le cadre du Nord Stream 2", indique Anthony Blinken dans un communiqué.

Bien que les législateurs des deux partis se soient prononcés pour une position plus ferme contre le projet, les responsables de l'administration ont fait valoir que le pipeline était achevé à 90% lorsqu'ils ont pris leurs fonctions et que des mesures plus punitives "ne feraient qu'aliéner l'Allemagne, un allié clé de l'Otan", note Bloomberg.
Malgré ces sanctions, Washington assure "continuer de travailler avec l'Allemagne et les autres alliés et partenaires". Intéressée par l’importation de son gaz de schiste sur le marché européen, l’administration américaine explique pourtant que ces mesures visent à "réduire les risques posés par le gazoduc à l’égard de l'Ukraine et des pays en première ligne de l'Otan et de l'UE", accusant la Russie d’"activités nuisibles, y compris dans le domaine de l'énergie".

Le Kremlin réagit

En réaction, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié les nouvelles sanctions américaines liées au Nord Stream 2 d’"illégales et erronées, surtout dans le contexte des tentatives visant à réparer le dialogue précédemment perdu entre les deux pays".

"Les sanctions contre le Nord Stream s'inscrivent dans la continuité de ce langage de sanctions, auquel Washington ne veut obstinément pas renoncer. C’est le langage préféré de Washington", a-t-il ajouté.

Le directeur général adjoint du Fonds national de sécurité énergétique Alexeï Grivatch note pour Sputnik que les États-Unis introduisent chaque trimestre de nouvelles sanctions liées au Nord Stream 2 "par inertie bureaucratique", ce qui constitue un "élément de la politique intérieure américaine".
Selon l'expert, les sanctions sont "désagréables et créent des désagréments dans l'exploitation des navires, mais elles ne présentent rien de fatal" pour le projet.

"Tout est prêt pour le lancement"

Le projet Nord Stream 2 prévoit la construction de deux conduites longues de 1.230 kilomètres qui relieront la côte russe à l’Allemagne par le fond de la mer Baltique. Elles auront une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an.
Comme l’a noté le 18 novembre Vladimir Poutine, "du point de vue technologique tout est prêt pour le lancement du Nord Stream 2". Actuellement, l’opérateur du gazoduc attend la fin de la procédure de certification qui a été suspendue le 16 novembre par l'Agence fédérale des réseaux allemande, chargée de réguler les secteurs des télécommunications et de l’approvisionnement en énergies.
L’agence avait reçu les documents appropriés en septembre et sa décision était attendue le 8 janvier 2022. La procédure de certification reste suspendue jusqu'à ce que Nord Stream 2 AG, basé en Suisse, ait achevé de transférer "des actifs essentiels et des ressources humaines" à une filiale créée en Allemagne pour la partie allemande du gazoduc, détaille l'Agence.
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