Première dame du Burkina à Sputnik: "Nous travaillons à rendre aux filles africaines leur dignité"

CC BY 3.0 / Hansueli Krapf / Vue aérienne de Lomé
Vue aérienne de Lomé - Sputnik Afrique, 1920, 22.10.2021
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L’égalité entre hommes et femmes demeure un véritable défi, notamment en Afrique. Pour le relever, le 4e Sommet mondial des filles tenu à Lomé appelle à une mobilisation de toutes les bonnes volontés. Dans un entretien exclusif avec Sputnik, la Première dame du Burkina Faso s’y engage et compte impliquer toutes les Premières dames d’Afrique.
Elle s’appelle Adjoavi Sika Kaboré et arbore ce titre de Première dame du Burkina Faso depuis le 29 décembre 2015, date de l’accession de son époux, Roch Marc Christian Kaboré au poste de Président de la République. C’est ès qualité qu’elle préside aussi l’Organisation des Premières dames d’Afrique pour le développement (OPDAD).
Défenseuse des droits de la femme, elle se bat depuis 2006 pour l’épanouissement et l’émancipation de la fille et la femme africaines à travers plusieurs organisations de la société civile burkinabè et, plus largement, du continent.
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Invitée de marque de la 4e édition du Sommet mondial des filles pour l’égalité organisé par l’ONG Plan International à Lomé les 21 et 22 octobre 2021, elle a réaffirmé dans un entretien exclusif avec Sputnik, son engagement afin de surmonter "les obstacles au leadership féminin sur le continent".
Cette ambassadrice de bonne volonté du Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants a également affirmé que "les filles constitu[ai]ent un avenir, un potentiel énorme pour les pays du continent africain".
Sputnik: C’est la première fois que ce sommet mondial se tient en Afrique. Quel est à votre avis le message qui est porté par les organisateurs?
Adjoavi Sika Kaboré:"C’est simplement une justice, parce que si vous considérez les femmes et les jeunes filles dans le monde aujourd’hui, elles sont majoritairement en Afrique. Nous avons plus de 53% des filles du monde entier qui sont sur le continent africain. Donc pour moi, ce n’est que justice que ce sommet se tienne en terre africaine. D’ailleurs, quand nous parlons de génération égalité, les premières concernées, c’est en Afrique qu’elles se trouvent".
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Sputnik: Qu’êtes-vous venue dire, à ces filles du monde, et de l’Afrique en particulier?
Adjoavi Sika Kaboré:"Je suis passée leur parler d’abord de ce qui se fait chez moi au Burkina Faso, et leur assurer de mon engagement en tant que Première dame à prendre leurs recommandations et à les partager avec l’ensemble des Premières dames du continent, pour que nous puissions effectivement, amener nos filles à être de véritables leaders dans leurs pays respectifs. Nos filles constituent un avenir, un potentiel énorme pour nos pays. Nous ne pouvons pas développer nos pays rien qu’avec des hommes, alors que nous représentons plus de 50% de la population. Aujourd’hui il est question d’amener nos filles à être aux côtés des hommes, à leur donner une égalité de chances pour qu’elles parviennent au leadership qu’on attend d’elles. Ceci afin qu’ensemble, hommes et femmes, on puisse développer nos pays".
Sputnik: Par quoi passel’égalité des chances, selon vous?
Adjoavi Sika Kaboré: "Cela passe d’abord par la reconnaissance de l’existence des filles. Je le dis parce que dans nos pays, parfois une fille naît mais n’est pas déclarée! Un garçon naît par contre et il est déclaré. Il faut corriger cela et qu’au même titre que les garçons, toute fille qui naît soit déclarée à l’état civil de sa localité. L’égalité des chances passe aussi par l’éducation scolaire. Dans plusieurs de nos pays, on préfère scolariser les garçons, plutôt que les filles. Des exemples, il y en a beaucoup. Dans mon pays le Burkina Faso par exemple, nous sommes actuellement en train de pousser pour la réforme foncière. Parce les filles n’héritent pas de terres alors qu’elles peuvent très bien s’investir dans l’agriculture tout comme l’homme et faire des choses magnifiques. Il y également l’accès aux outils de productions, l’accès aux moyens de financement pour nous épanouir et faire des choses qui permettent à toutes nos populations d’être mises en avant".
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Sputnik: À Lomé, vous avez évoqué les blocages au leadership féminin en Afrique. À quoi faites-vous allusion, au juste?
Adjoavi Sika Kaboré:"Il y a tellement de blocages vous savez. (…) Cela nous ramène toute suite à l’excision, au mariage d’enfants et j’en passe. Donc, ce sont là autant de blocages sur lesquels nous devons nous focaliser et nous battre pour qu’ils disparaissent complètement de nos sociétés, parce qu’ils empêchent la fille de devenir la femme épanouie de demain. Nous devons travailler à rendre aujourd’hui à nos filles leur dignité."
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