Le Rafale, favori d’un futur appel d’offres en Inde?

© AFP 2022 CHRISTOPHE SIMONUn Rafale, le 11 septembre 2021
Un Rafale, le 11 septembre 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 12.10.2021
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L’acquisition de 114 nouveaux chasseurs par l’Inde ouvrirait une opportunité à Dassault Aviation. Il faudra toutefois se conforter au "Make in India" et que les appareils soient capables d’intégrer des technologies de 5e et 6e générations.
En Inde, quel appareil prendra la relève des MiG-21 russes, des Mirage 2000 français ainsi que des Jaguar franco-britanniques? Alors que le dernier des Rafale commandés par New Delhi doit atterrir en janvier 2022, l’Inde pourrait prochainement lancer un appel d’offres pour le MMRCA 2.0 (Medium Multi Role Combat Aircraft) portant sur l’acquisition de 114 appareils de combats supplémentaires.
Selon Opex360, le chasseur de Dassault pourrait bien tenir la corde. En tout cas, le tout nouveau chef d’État-major de l’armée de l’air indienne –dont le fils vole lui-même sur Rafale– a déclaré être "très satisfait" des performances de l’appareil français.

L’épineuse question du transfert de technologie

Un signe de bon augure, estime le média, dans la mesure où cet officier supérieur n’est pas censé faire part de sa préférence. En effet, huit constructeurs ont répondu présents à la demande d’informations émise par New Delhi en avril 2018. Autre piste encourageante pour le Rafale, selon Opex360 qui rapporte les propos de sources proches du ministère indien de la Défense: la force aérienne indienne souhaiterait favoriser un seul type d’appareil afin de rationaliser le soutien et la logistique.
Face à Dassault Aviation, on retrouve Lockheed-Martin et son F-21 (un F-16 block 70), Boeing et le F-15EX, Eurofighter et son Typhoon, Saab et son Gripen ainsi que le consortium russe OAK avec les MiG-35 et Su-35. Soit, grosso modo, les mêmes appareils qu’il y a vingt ans lorsqu’était lancé le premier MMRCA remporté par le Rafale. Le "contrat du siècle", commentait à l’époque la presse, finalement déchiré en 2015 par New Delhi. En cause: la volonté des Indiens de produire localement 106 des 126 machines via un transfert partiel de technologie.

"Le contrat a traîné parce que Dassault refusait d’être rendu responsable de la qualité d’avions qui étaient fabriqués en dehors de ses usines. Et le partenaire indien, l’entreprise nationale HAL, ne semblait pas donner les garanties de qualité qui permettraient d’aller de l’avant", relatait précédemment à Sputnik le journaliste Olivier Da Lage.

Résultat: "seulement" 36 Rafale ont été achetés par l’Inde en 2016, tous produits en France, l’ensemble pour la bagatelle de 7,8 milliards d’euros. Une belle performance pour les Français dans la mesure où à la base, les Indiens avaient budgétisé 10,5 milliards de dollars pour s’offrir 126 avions et leurs plans.
Produire sous licence des appareils étrangers est néanmoins loin d’être une demande exceptionnelle de la part l’Inde qui, dans le cas de collaborations avec la France, construisait déjà des Jaguar et des Mirage 2000. Des coopérations industrielles similaires existent également avec les Américains et les Russes. Reste donc à savoir quelle place prendront ces problématiques de transfert de technologie dans le futur appel d’offres. Celui-ci n’a toujours pas été émis, mais il "s’inscrira certainement dans le cadre du programme Make in India", a averti l’Air Chief Marshal VR Chaudhari.
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Comme le rappelait Olivier Da Lage, également auteur de L’Inde, désir de puissance (Éd. Armand Colin, 2017), lors de l’achat de 36 Rafale à Paris, il était aussi question pour New Delhi d’aller vite afin que les appareils rejoignent rapidement les bases aériennes dans le nord du pays. La doctrine indienne impose que les forces aériennes du pays soient en mesure de se battre simultanément sur deux fronts: à savoir contre le Pakistan et contre la Chine.

Pakistan et Chine: deux géants aux portes de l’Himalaya

Deux puissances avec lesquelles les accrochages frontaliers sont fréquents et dont les moyens aériens se modernisent à grands pas. L’Empire du Milieu, qui aligne deux fois plus d’avions de combat que l’Inde, développe au moins trois programmes d’appareil de 5egénération dont le FC-31 et le J-20 qui équipe déjà l’Armée populaire de libération.
De son côté, New Delhi mise notamment sur sa coopération avec la Russie, son premier partenaire en matière de défense. Au-delà d’une commande de cinq régiments de S-400 en octobre 2018 pour renforcer sa défense antiaérienne (chaque régiment est constitué de quatre batteries, pouvant chacune engager simultanément 36 cibles éloignées à une distance de 400 km), l’Inde est partenaire intégrante du programme Su-57 (alias T-50 PAK-FA).
New Delhi planche également sur le développement de son propre avion de combat de 5e, voire 6e génération, l’HAL AMCA (Advanced Medium Combat Aircraft). Mais celui-ci n’est pas attendu avant le début de la prochaine décennie.
Ainsi, la clef du succès pour l’industriel qui entend remporter ce juteux contrat de 114 appareils sera "la capacité de l’avion à intégrer les technologies de 5e et 6e génération", des capteurs à l’armement en passant par l’avionique, a précisé le chef d’État-major de l’armée de l’air indienne.
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