Au moins 5,4 millions de victimes de pédocriminalité en France en 70 ans, selon une étude

un enfant - Sputnik Afrique, 1920, 07.10.2021
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Une étude de l’Inserm, publiée dans le cadre du rapport de la Ciase révélant le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles au sein de l’Église depuis 1950, a dévoilé l’ampleur de la pédocriminalité au sein de la société française dans son entièreté. La famille est le premier endroit où la signalisation de faits est la plus forte.
Le rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Église catholique française, paru le 5 octobre, a fait état de 216.000 mineurs victimes de clercs ou de religieux depuis 1950.
Suite à la publication de ce document par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), Emmanuel Macron a salué le 6 octobre "l’esprit de responsabilité" de cette dernière. Il a souligné qu’il y avait un besoin "de vérité et de réparation".
La Ciase a également partagé un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), réalisé avec l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), rédigé au mois de septembre et publié aussi le 5 octobre, qui révèle le nombre de victimes dans la société française. Selon cette étude, quelque 5,4 millions de personnes ont subi des agressions sexuelles lorsqu’elles étaient mineures en France depuis les années 1950.
Ces données montrent qu’il s’agit de 3,9 millions de femmes et de 1,5 million d’hommes.
"D’après nos résultats, 14,5 % des femmes et 6,4 % des hommes âgés de plus de 18 ans aujourd’hui ont été confrontés à des violences sexuelles quand elles et ils étaient mineurs, qu’il s’agisse d’attouchements sexuels, de tentatives ou de rapports forcés ou d’autres actes sexuels réalisés sans le consentement de la personne", indique l’étude menée auprès de 28.000 personnes représentatives de la société française, précisant qu’il s’agit d’une estimation basse.

Deuxième endroit de la prévalence des faits

Selon l’enquête, 3,7% ont indiqué avoir subi de telles violences sexuelles au sein de la famille.
"Elles concernent principalement les filles (5,8% des jeunes filles contre 1,5% des jeunes garçons)", ont noté les auteurs de l’étude.
L’Église catholique est le deuxième endroit où ces actes contre les mineurs ont lieu. D’après le rapport, 1,2% des personnes ayant pratiqué dans leur enfance une activité en lien avec le lieu de culte concerné ont été abusées par une personne en lien avec l’Église catholique, soit des "membres du clergé, des personnes travaillant dans des établissements scolaires catholiques ou catéchisme etc.".
"Ce sont ici les garçons qui sont les plus touchés (1,7% contre 0,6% des jeunes filles)".

Plusieurs milliers de victimes en 70 ans

Les données d’un bilan accablant présentées dans le rapport Sauvé, suite à l’enquête menée par la Ciase, ont fait état de "2.900 à 3.200" hommes prêtres, diacres et religieux qui ont commis des violences sexuelles sur environ 216.000 mineurs depuis 1950.
Le président de la commission, Jean-Marc Sauvé, a noté que le nombre de victimes grimpait à 330.000, "si l’on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l'Église catholique".
M.Sauvé a également appelé l'institution à apporter une "réparation" financière à toutes les victimes de violences sexuelles en son sein depuis 1950 en France.
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