Abus sexuels sur mineurs: un haut homme d’Église convoqué par Darmanin pour des propos controversés

Dans une église - Sputnik Afrique, 1920, 07.10.2021
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Gabriel Attal a réagi fermement aux propos de Monseigneur de Moulins-Beaufort sur les abus sexuels au sein de l’Église qui ont suscité sa convocation place Beauvau. Si pour l'ecclésiastique, "le secret de la confession est plus fort que les lois de la République", le porte-parole insiste sur le fait que "rien n’est plus fort que les lois".
Alors que Monseigneur de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, afait part de sa "honte" et de son "effroi" face aux révélations du rapport Sauvé, qui fait état de plus de 200.000 victimes d'abus sexuels dans l’Église catholique en France sur 70 ans, il a assuré que "le secret de la confession [était] plus fort que les lois de la République".
Des propos qui ont fait beaucoup réagir la classe politique. Le porte-parole du gouvernement s’est ainsi exprimé là-dessus pendant son point presse:
"La réaction à ces propos, elle est très claire, il n'y a rien de plus fort que les lois de la République dans notre pays, ça tient en une phrase, et c'est très clair."
Il a rappelé que le président de la Conférence des évêques de France venait d’être convoqué à cet égard par Gérald Darmanin à la demande du Président de la République.
C’est en début de semaine prochaine qu’Éric de Moulins-Beaufort est attendu pour "s’expliquer sur ses propos", indique l’entourage du ministre de l’Intérieur.
Plus tôt, Gilles Clavreul, cofondateur du Printemps républicain, avait qualifié ces propos d’"inacceptables", alors que la députée européenne Manon Aubry (LFI) a déclaré sur sa page Twitter:
"Où sont passés ceux qui crient au séparatisme dès qu'un musulman parle et ne disent rien quand un évêque appelle les prêtres à ignorer la loi de la République sous un prétexte religieux?"
"Un moyen de faire autrement"
Or, invité sur Franceinfo, Éric de Moulins-Beaufort a par ailleurs estimé qu’il fallait toutefois "trouver un moyen de faire autrement".
Il a donc évoqué deux différents types de cas. S’il s’agit "du pédophile qui viendrait se confesser", "c’est un vrai souci".
"Il faut certainement que nous soyons plus précis, plus fermes, sur le fait que les violences sexuelles ne sont pas un problème de chasteté", mais "un problème d'atteinte à la vie, de crime, de meurtre, symboliquement au moins. Il est très important de le voir, donc il faut que les confesseurs soient bien conscients de cela".
Quand il s’agit "d'un enfant qui dit quelque chose, qui laisse entendre, qui fait comprendre qu'il est lui-même victime", il est important de trouver "un moyen de [lui] permettre de parler autrement".
"S’ils découvrent que nous utilisons ce qu'ils disent pour aller faire du mal à leurs parents, c'est un problème, parce que les enfants ne veulent pas, souvent, que l'on touche à leurs parents", juge-t-il.
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