La Russie suit les tirs de missiles par la Corée du Nord et espère une reprise du dialogue

© AP Photo / Lee Jin-man«Activités de défense»: la sœur de Kim Jong-un défend les nouveaux tirs de missiles
«Activités de défense»: la sœur de Kim Jong-un défend les nouveaux tirs de missiles - Sputnik Afrique, 1920, 29.09.2021
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Réagissant au tir d’un missile, dit hypersonique, effectué par la Corée du Nord le 28 septembre, la diplomatie russe a évoqué l’importance de la reprise des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Elle craint que de brusques démarches y soient un frein.
La Russie suit les informations concernant les derniers tirs de missiles effectués par la Corée du Nord, tout en comprenant qu’il est important de ne pas procéder à des mesures qui pourraient empêcher la reprise des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a estimé le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.
"Nous suivons toutes les informations qui proviennent de différentes sources sur ce sujet, nous les associons naturellement aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ont mis en place un régime de sanctions assez strict contre la Corée du Nord et défini les exigences relatives aux paramètres acceptables pour le développement de la capacité militaire de la Corée du Nord", a-t-il expliqué à la presse.
En outre, selon le numéro deux de la diplomatie russe, les derniers tirs, y compris l'essai de missile hypersonique, pourraient avoir un impact sur "les perspectives d'une reprise du dialogue pour résoudre le problème de la dénucléarisation de la péninsule coréenne".
"Nous ne soutiendrons pas les tentatives d'utiliser les tirs d'essai de la Corée du Nord pour continuer à tendre la situation. Nous pensons qu'il y a une alternative et que plus rapidement le processus politique et le dialogue reprendront, mieux ce sera pour la sécurité de l'Asie du Nord-est et pour la sécurité mondiale", a affirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères.

Essais et tensions entre les deux Corées

Auparavant, la Corée du Sud a procédé à des essais de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS), selon les informations rapportées le 7 septembre par l'agence de presse Yonhap, devenant ainsi le premier État ne possédant pas l'arme nucléaire à développer une telle capacité.
Ensuite, la Corée du Nord a tiré le 15 septembre un projectile non identifié vers la mer, selon l'armée sud-coréenne, deux jours après l'annonce par Pyongyang de tests réussis d'un nouveau "missile de croisière longue portée".
Tandis que le Président sud-coréen Moon Jae-in, qui a assisté aux essais de son pays, a déclaré que le nouveau missile serait un outil de dissuasion face aux "provocations" nord-coréennes, la sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo-jong, avait alors rétorqué, citée par l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA), que la Corée du Nord ne faisait pas de "provocation" en testant des missiles, mais s'acquittait des objectifs clés du Plan de défense.
De plus, mardi 28 septembre, Pyongyang a effectué un tir d'essai d’un nouveau missile hypersonique, d’après KCNA. Ce système d'armement, appelé Hwasong-8, renforce les capacités de défense de la Corée du Nord, a souligné la KCNA.

La dénucléarisation de la péninsule coréenne

La crise liée à l'atome sur la péninsule coréenne dure depuis plus de 15 ans et a été marquée par une alternance de périodes de tension et de détente.
Pour régler la question, des négociations à six ont été organisées à Pékin en août 2003, avec la Chine, la Russie, la Corée du Nord, les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon.
Avec la Déclaration commune adoptée le 19 septembre 2005, tous les participants conviennent des objectifs et principes fondamentaux de ces pourparlers. Les éléments essentiels de cet instrument comprennent l'engagement de la Corée du Nord à renoncer aux armes nucléaires, à tous les programmes atomiques existants et à revenir aussi rapidement que possible au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et vers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ainsi que l'annonce par les États-Unis de l'absence d'intention d'attaquer la Corée du Nord et de la volonté de normaliser les relations bilatérales avec Pyongyang. Toutefois, il n’y a eu aucune réalisation pratique de ce document.

"La Russie a toujours souligné qu'il était nécessaire de régler les problèmes de la péninsule coréenne, y compris le nucléaire, dans le cadre d'une solution intégrée à toute la gamme de questions entre les parties concernées, ce qui créerait des conditions favorables directement à la dénucléarisation. Cela ne sera pas possible sans diminuer les tensions politiques et militaires générales, ne pas renforcer les infrastructures militaires, réduire les manœuvres et générer un climat de confiance entre les États de la région", indique le ministère russe des Affaires étrangères.

Notamment, la situation s'est particulièrement compliquée après l'annonce par la Corée du Nord du lancement d'un missile spatial en vue de mettre en orbite un satellite artificiel de la Terre en avril 2009, considéré comme un essai de missile balistique intercontinental.
À la déclaration du président de l'Onu dénonçant cette opération, Pyongyang a répondu en se retirant du processus de négociation à six et en reprenant son programme nucléaire. En mai 2009, il s'est ainsi félicité du succès d'un deuxième test, ce qui a provoqué de nouvelles tensions en péninsule coréenne.
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