Explosion rue de Trévise: Hidalgo cherche-t-elle à "cacher" les victimes?

© AFP 2022 THOMAS SAMSONAnne Hidalgo
Anne Hidalgo - Sputnik Afrique, 1920, 29.09.2021
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Anne Hidalgo joue-t-elle la montre? Plus de deux ans après l’explosion rue de Trévise, les victimes ne sont pas indemnisées! Inès a perdu ses jambes dans la catastrophe. Criant à l’injustice, elle invite l’édile à se montrer humaine.
"Psychologiquement, moralement et physiquement, c’est dur." Après quarante et une opérations depuis début 2019, Inès n’en peut plus.
La jeune femme de 25 ans fait partie des nombreuses victimes de la déflagration qui secoué la rue de Trévise, dans le IXe arrondissement de Paris, le 12 janvier 2019. Provoquée par une fuite de gaz, l’explosion a fait quatre morts et plusieurs dizaines de blessés. Ce jour-là, l’étudiante en droit travaillait dans un hôtel à proximité du lieu de la détonation: "J’ai eu un écrasement des membres inférieurs. J’ai donc perdu mes jambes."

Une vie détruite

Ce drame a bouleversé le cours de son existence. Depuis, elle tente de se reconstruire tant bien que mal: "Je suis épuisée. Je ne sais pas comment je vais tenir. Je ne sais pas comment je vais reprendre une vie… Je n’y arrive plus!"
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Or l’étudiante n’est pas au bout de ses peines. L’indemnisation de la ville de Paris tarde à venir. Et pour cause. Si Anne Hidalgo a indiqué dans un courrier à Jean Castex, en novembre dernier, qu’elle était "favorable à une participation financière de la collectivité", l’édile a néanmoins conditionné cette indemnisation au fait que cela n’apparaisse "pas comme une reconnaissance juridique de responsabilité", avant un éventuel procès. En effet, la mairie de Paris est mise en examen dans ce dossier.
Une conduite que fustige Inès: "Je ne comprends pas que l’on puisse être inhumain face à de telles choses. Quand on est mis en examen, on assume, on prend ses responsabilités."
La mairie de Paris accusée de faire traîner la procédure
La jeune fille rappelle ainsi que, "lors d’une réunion, il y a deux semaines, la déléguée ministérielle a indiqué que la mairie de Paris pouvait très bien signer l’accord-cadre et indemniser les victimes".
Un dispositif qui n’impliquerait pas de reconnaissance préalable de responsabilité selon le ministère de la Justice. Alors comment expliquer ce refus d’indemniser les victimes? Pour notre interlocutrice, le mystère demeure. Peut-être faudrait-il y voir une conséquence de la candidature d’Anne Hidalgo à l’élection présidentielle? "Elle n’ose pas trop en parler. Elle veut faire en sorte que la rue de Trévise ne soit pas énormément médiatisée. Pendant trente-trois mois, elle a cherché à nous cacher", affirme Inès.

"Elle veut que les victimes abandonnent. Pour parler crûment, que certains meurent et qu’ensuite tout soit bien enterré", tonne celle qui a le cœur lourd.

Cependant, la jeune femme est pugnace: "Mon combat, c’est dorénavant de l’interpeller sur Twitter."
"Elle nous doit cette réponse, cette indemnisation, attendre l’élection de 2022, ce serait vraiment se foutre de nous", conclut Inès.
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