En France, se nourrir n’est pas toujours simple: «10% de bénéficiaires de l’aide alimentaire de plus» en un an

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Caddy, shopping. Image d'illustration. - Sputnik Afrique, 1920, 13.08.2021
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Le rebond du recours à l’aide alimentaire signalé en 2020 risque de se prolonger. Même si la Banque alimentaire estime cette augmentation «ponctuelle», la crise sanitaire ne contribue pas à y mettre un frein et l’organisation signale l’apparition de nouveaux types de demandeurs.
Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a augmenté en 2020 de plus de 7% par rapport à l’année 2019. Au sein de la Banque alimentaire, qui distribue des denrées via des associations partenaires, le constat est sensiblement le même:
«Globalement, [en 2020, ndlr], on a pu constater une hausse de l’ordre de 10% des bénéficiaires de l’aide alimentaire, et 10% de plus de volume d’aides distribuées», confirme Nicole Farlotti, membre du conseil d’administration de la Fédération française des banques alimentaires au micro de Sputnik.
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Pour ce réseau de 79 banques alimentaires qui collectent 112.500 tonnes de denrées auprès de la grande distribution, d’agriculteurs et de l’industrie agroalimentaire, «en 2020, on a constaté une augmentation générale des aides, réparties en périodes diverses», toujours en lien avec la pandémie de Covid-19.
«Au mois de mars 2020, quand on a été confinés un peu brusquement, beaucoup de gens se sont trouvés en difficulté. Nombre d’associations dont l’aide alimentaire n’est pourtant pas la vocation première ont fait appel à nous entre mars et juillet derniers. C’était d’une façon temporaire, puisque provoqué par le confinement», détaille Nicole Farlotti.
Mais surtout, le réseau a vu «apparaître des associations nouvelles». Les familles dont les enfants mangeaient à la cantine ont pu bénéficier d’aides ou même de la gratuité. Ceux dont l’activité s’est arrêtée et qui se sont vu mettre au chômage partiel avec une baisse des revenus y ont eu également recours. «Ces personnes ont souvent fait appel à l’aide alimentaire pour la première fois», signale notre interlocutrice.

Les étudiants en grande difficulté

En 2020, la Banque alimentaire a redistribué l’équivalent de 225 millions de repas à 2,1 millions de personnes en situation de précarité.
«Toute l’économie ‘parallèle’ s’est arrêtée, les gens ne pouvaient plus travailler au noir. Les gens qui récupéraient la nourriture sur les marchés ne pouvaient plus le faire puisqu’il n’y avait plus de marchés», déplore Mme Farlotti.
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Et de nouveaux publics sont arrivés d’une façon régulière à partir de septembre 2020. En plus des personnes qui avaient perdu leur emploi, le réseau «a vu beaucoup d’associations d’étudiants».
«Les distributions pour étudiants ont été très importantes dans les grandes villes d’Île-de -France. Souvent, les aides au niveau des restaurants universitaires n’étaient plus là alors on a instauré les repas à un euro. Beaucoup d’étudiants qui en temps normal s’en sortaient avec de petits emplois dans la restauration ne pouvaient plus compléter leurs revenus», explique l’administratrice.
La situation particulière des étudiants était compliquée pour certains par le fait qu’ils «voulaient épargner du souci à leur famille».

On s’attend à un bilan mitigé pour 2021

En temps normal, 17% des produits redistribués sont fournis par l’Union européenne et par l’État. 35% proviennent des producteurs, agriculteurs et coopératives agricoles, 38 % des grandes et moyennes surfaces, grossistes et les 10% restants d’appels à la générosité du grand public.
«On a eu plus de dons des particuliers que les autres années. Une collecte nationale fin novembre a été beaucoup plus généreuse que d’habitude», se réjouit Mme Farlotti.
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Habituellement, l’organisation récupère des produits en fin de vie ou qui risquent d’être détruits pour compenser la recrudescence de demandes. Mais cette année, «une petite aide» de la Région Île-de-France a été accordée pour l’achat.
«On a toujours de nouvelles demandes de dotations, l’augmentation [des demandes, ndlr] n’est pas terminée. L’économie a été soutenue toute l’année mais on s’attend à des licenciements. C’est difficile d’anticiper, mais il y a un gros risque», conclut Nicole Farlotti.
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