Les indices boursiers américains ont sérieusement fléchi et le pétrole a essuyé de lourdes pertes jeudi après l'annonce inattendue, par le Président américain de nouvelles sanctions commerciales contre la Chine, annonce l'AFP.
Les marchés ont été pris de court quand Donald Trump a affirmé sur Twitter que les États-Unis allaient instaurer à partir du 1er septembre des tarifs douaniers de 10% sur les 300 milliards de dollars d'importations chinoises jusque là épargnés par la guerre commerciale avec Pékin.
...during the talks the U.S. will start, on September 1st, putting a small additional Tariff of 10% on the remaining 300 Billion Dollars of goods and products coming from China into our Country. This does not include the 250 Billion Dollars already Tariffed at 25%...
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) August 1, 2019
L'indice vedette de la Bourse new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, est passé dans le rouge quelques instants après une série de tweets du locataire de la Maison-Blanche alors qu'il évoluait en hausse d'environ 1% auparavant. Vers 18H00 GMT, il était en baisse de 0,61%, tandis que l'indice élargi S&P 500 cédait 0,30% et que le Nasdaq reculait de 0,69%.
Sur le marché pétrolier, le baril de WTI pour livraison en septembre, déjà en nette baisse, perdait 7,41% et s'échangeait à 54,23 dollars, tandis que le baril de Brent pour livraison en octobre, référence sur le marché londonien, cédait 6,40%, à 61,00 dollars.
Dans un commentaire accordé à l’AFP, Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services, a estimé que l’annonce du Président Trump peut avoir «deux lectures».
«C'est le processus habituel de négociations, ce n'est pas la première fois» que Donald Trump lance des menaces pour forcer la main à la Chine dans les discussions commerciales qui durent désormais depuis plus d'un an, avance M.Volokhine.
Mais avec son annonce, le Président fait aussi, selon lui, «un pied de nez à la Fed», qui a abaissé les taux d'intérêt mercredi 31 juillet d'un quart de point et a prévenu que cela ne signifiait pas forcément que l'institution abordait ainsi «un long cycle» de baisses.
Donald Trump, qui mardi encore avait réclamé une baisse des taux «forte», avait très vite réagi dans un tweet à la décision de la Fed en affirmant: «Powell nous a encore déçus comme d'habitude».
«Pour que la Fed fasse ce que Trump voudrait, qu'elle adopte une politique extrêmement accommodante, il faudrait que la guerre commerciale s'envenime. C'est la seule raison qui pourrait amener la Fed à de nouveau abaisser les taux», a conclu M. Volokhine.