Dans une lettre adressée au ministre allemand de l'Économie, l'ambassadeur des États-Unis à Berlin, Richard Grenell, a menacé l'Allemagne de mesures de rétorsion si le développement de sa téléphonie mobile 5G devait recourir à la technologie chinoise.
«La Maison-Blanche mène depuis longtemps cette campagne contre nous. […] Ces accusations datent déjà d'une dizaine d'années. Quoi qu'il en soit, les États-Unis n'ont toujours pas produit une seule preuve, parce qu'il n'y a tout simplement rien à nous reprocher», a déclaré à Sputnik le porte-parole de Huawei Allemagne, Patrick Berger, commentant la menace américaine à la limite du chantage.
Et de supposer qu'il ne s'agissait pas en réalité de la sécurité, mais plutôt des intérêts des milieux économiques et industriels des États-Unis et de leur géopolitique, ainsi que des intérêts du gouvernement et des services secrets américains en matière de mise sur écoute.
«En effet, grâce à Edward Snowden, nous savons que les services secrets américains sont très actifs dans ce domaine. Le groupe Huawei a toujours déclaré n'avoir aucune "porte secrète". Nous ne transmettons d'information ni au gouvernement de la Chine, ni à celui des États-Unis, ni à aucun autre gouvernement dans le monde. […] Il se peut que ce soit justement cela qui ne plaise pas aux Américains», a supposé M.Berger.
Et de rappeler que Huawei Allemagne était, somme toute, une compagnie allemande.
«Nous ne cessons de répéter que s'il y a quelque chose dont nous pouvons être accusés, qu'on nous en présente des preuves. […] Je pense que de telles preuves n'existent tout simplement pas», a résumé le porte-parole de la firme.
Les relations entre les États-Unis et Huawei restent tendues, Washington s'appliquant à convaincre les autres pays de renforcer les mesures de sécurité pour éviter les risques d'espionnage, notamment en boycottant ce groupe chinois. Quoi qu'il en soit, la lettre de l'ambassadeur américain a été mal accueillie en Allemagne.