«Le monde entier s'est ingéré dans les élections américaines»

© AP Photo / Nati Harnikles élections américaines
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Des anciens collaborateurs de l'entreprise Cambridge Analytica (CA) impliquée dans le scandale autour de la fuite de données personnelles de 50 millions d'utilisateurs de Facebook, ont reconnu au Washington Post que des Canadiens, des Britanniques et d'autres Européens s'étaient ingérés dans l'élection présidentielle américaine.

Des Européens ainsi que des Canadiens sont impliqués dans la fuite des infos personnelles sur quelque 50 millions d'utilisateurs de Facebook, écrit le quotidien Kommersant en citant ainsi The Washington Post. Tous ont pris des décisions majeures concernant la stratégie de popularisation des candidats du parti républicain au Sénat et au sein des législatures d'État en 2014. Cambridge Analytica pourrait également être liée avec les partisans du Brexit au Royaume-Uni.

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Depuis deux ans, les autorités américaines enquêtent sur les circonstances de l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016, dont le fait même n'est pas remis en question par les renseignements du pays. Mais le scandale qui a éclaté il y a deux semaines autour l'entreprise Cambridge Analytica a dévoilé de nouveaux détails concernant les auteurs d'ingérences dans les processus électoraux aux USA et leurs méthodes. Trois anciens collaborateurs de Cambridge Analytica ont avoué au Washington Post qu'en 2014 déjà, la compagnie coopérait avec le parti républicain et avait élaboré une stratégie pour promouvoir ses candidats pendant les élections au Sénat et au sein des législatures d'État. Ce sont ainsi des Canadiens, des Britanniques et d'autres Européens travaillant pour l'entreprise qui ont poussé les Américains à faire leur choix au profit des Républicains.

Cambridge Analytica a été fondée en 2013 et, selon ses anciens collaborateurs, tentait de se positionner comme américaine même si elle appartenait à la compagnie britannique SCL Group. Toutefois, aussi bien Cambridge Analytica que sa compagnie-mère employaient essentiellement des collaborateurs qui n'étaient pas Américains. Au final, plus de 20 étrangers ont travaillé à la popularisation des candidats républicains pendant les élections de 2014. Certains d'entre eux prenaient des décisions quant aux messages publicitaires à envoyer à l'électorat, coopéraient avec les médias, récoltaient des fonds, planifiaient les activités pour les candidats et organisaient leurs discours, comme en témoignent les documents à disposition du Washington Post.

«Un sale petit secret se cache dans le fait qu'aucun Américain n'a participé à ce travail, l'entreprise était de facto un agent étranger travaillant aux élections américaines», a déclaré au quotidien Christopher Wylie, spécialiste de l'analyse de données chez Cambridge Analytica qui a été le premier à divulguer aux médias une importante fuite de données des utilisateurs de Facebook.

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Deux autres anciens collaborateurs de Cambridge Analytica ont déclaré que pendant les campagnes de 2014, de nombreux employés s'interrogeaient sur la légalité des activités de Cambridge Analytica. Les lois réglementant les processus électoraux aux USA interdisent aux étrangers de «participer directement ou indirectement à la prise de décisions» concernant les campagnes politiques. Les citoyens étrangers ne peuvent remplir que des fonctions mineures, comme participer au traitement et au transfert d'informations. Ces exigences ont été exprimées par le procureur de New York Laurence Levy dans un document de 10 pages reçu par Cambridge Analytica en juillet 2014. Pour contourner cette interdiction, avouent les collaborateurs, Cambridge Analytica fournissait à ses employés qui n'avaient pas la citoyenneté américaine des documents migratoires contenant de fausses informations, indiquant qu'ils étaient venus dans le pays à des fins professionnelles.

«Nous savions que tout n'était pas honnête, mais nous n'y avons pas accordé beaucoup d'attention. C'était le Wild West, vraiment. Voilà comment ils faisaient les affaires en 2014», a déclaré un ancien collaborateur.

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Hormis les élections américaines, Cambridge Analytica est soupçonnée d'être impliquée dans le Brexit. Un ancien bénévole de l'organisation Vote Leave, Shahmir Sanni, a parlé au journal The Observer d'un lien de Cambridge Analytica avec Vote Leave qui faisait campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Selon lui, via une tierce compagnie, Vote Leave aurait versé près de 625.000 livres à la compagnie informatique canadienne AggregateIO, spécialisée dans le web-développement et la publicité en ligne, qui est «pratiquement une filiale» de Cambridge Analytica. La compagnie informatique a publié un démenti sur son site, soulignant qu'elle n'avait «jamais signé de contrat avec la société de recherche».

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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