Merkel et Macron sur «le futur de l’Europe»: la charrue avant les bœufs

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Angela Merkel s’est rendue à Paris pour discuter «du futur de l’Europe» alors que sa grande coalition gouvernementale n’est pas actée et pourrait ne pas voir le jour.

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Emmanuel Macron aurait pu attendre la formation d'un gouvernement stable à Berlin pour parler de construction européenne, quitte à ne pas coïncider avec l'anniversaire du Traité de l'Élysée.

Organisée à l'occasion du 55e anniversaire du Traité de l'Élysée, la rencontre des dirigeants français et allemands devrait être l'occasion de discuter des actions à mettre en œuvre pour «renforcer» et «réformer» la zone euro.

La CDU de Merkel, son allié bavarois la CSU, ainsi que les sociaux-démocrates emmenés par Martin Schultz se sont en effet mis d'accord sur la nécessité d'améliorer la résistance de l'Union européenne aux crises, et ce en réitérant l'importance du couple franco-allemand.

Le problème réside dans le fait que la grande coalition gouvernementale allemande doit encore passer une étape cruciale avant de devenir une réalité concrète: les membres du parti social-démocrate doivent valider par un vote l'accord conclu entre les trois partis pour doter l'Allemagne d'un gouvernement stable.

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Et, il pourrait ne jamais voir le jour. Le chef de file des jeunes sociaux-démocrates, Kevin Kühnert, fait campagne contre une éventuelle nouvelle grande coalition, qui provoque selon lui un «ras-le-bol» et pourrait valoir au SPD un destin proche de celui du PS français.

Par ailleurs, les discussions franco-allemandes sur l'avenir de l'Europe ne se limitent pas aux chefs d'État. Sont également associés les parlementaires français et allemands, dont la coopération devrait être renforcée à l'avenir. Tous ces travaux ne pourront pas donner de résultats concrets avant fin mars, pour peu qu'ils débouchent sur quelque chose.

En effet, en cas de rejet de l'accord de coalition par la base du SPD, Angela Merkel a d'ores et déjà prévenu qu'elle refuserait de gouverner en minorité, ouvrant la voie à une crise politique majeure en Allemagne.

Dans ce contexte, l'initiative d'Emmanuel Macron peut sembler peut-être prématurée. Des questions comme la gouvernance de la zone euro prennent du temps et demandent de la stabilité politique. Une stabilité qui aurait justifié d'attendre trois jours de plus.

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