Assistants d’eurodéputés: le FN cherche-t-il à entraîner les autres partis dans sa chute?

© Sputnik . Galina Azule / Aller dans la banque de photosThe leader of France's rightwing Front National (FN), Marine Le Pen. (File)
The leader of France's rightwing Front National (FN), Marine Le Pen. (File) - Sputnik Afrique
Sophie Montel a encore frappé! Après un nouveau signalement de l’eurodéputée FN, la justice française s’intéresse aux collaborateurs de Jean-Luc Mélenchon à l’époque où il siégeait au Parlement européen. Lanceuse d’alerte ou délatrice? Interview.

Newly-elected member of parliament Marine Le Pen of France's far-right National Front (FN) political party attends the opening session of the French National Assembly in Paris, France, June 27, 2017. - Sputnik Afrique
Marine Le Pen mise en examen pour abus de confiance (avocat)
L'enquête préliminaire sur les assistants parlementaires d'eurodéputés est élargie à Jean-Luc Mélenchon. Le parquet de Paris doit déterminer si des fonds européens ont été utilisés pour rémunérer des salariés de formations politiques pour d'autres tâches que celle d'assistant parlementaire. L'enquête vise des élus du MoDem, des Républicains, d'Europe Écologie Les Verts, du Parti socialiste, et donc désormais de la France insoumise: suite à un nouveau signalement de l'eurodéputée Front national Sophie Montel, la justice se penche sur les collaborateurs de Jean-Luc Mélenchon à l'époque où il était eurodéputé du Parti de Gauche, entre 2009 et 2017. L'auteur du livre «De la vertu» nie en bloc et parle de «dénonciation calomnieuse»: «La méthode de la dénonciation est un grand classique de l'extrême droite et sa forme suprême de courage», écrit-il sur sa page Facebook.

Sputnik a joint Sophie Montel, l'auteur de ces signalements, pour en savoir plus sur les objectifs recherchés par son parti avec cette démarche.​

Sputnik: Est-ce que ce que vous cherchez à montrer, c'est qu'il s'agirait d'un système généralisé qui ne touche pas que les élus frontistes?

Sophie Montel: Ce que nous cherchons à montrer avec ce travail que nous faisons actuellement, c'est que pendant les élections présidentielles, on a eu droit à un battage politico-médiatique absolument insensé sur l'affaire des assistants présumés fictifs du Front national. On nous a sorti l'artillerie lourde, ça a duré pendant des semaines, ça a pollué une partie de la campagne présidentielle et la campagne de Marine Le Pen, et tous nos adversaires politiques y sont allés de leur petit commentaire désobligeant en disant que nous violions la loi et que nous étions des gens malhonnêtes… Selon le raisonnement de Martin Schulz [eurodéputé social-démocrate allemand, ndlr], qui a fait les signalements qui nous concernent auprès du parquet et de L'Office européen de lutte antifraude, il serait interdit, quand on est député français au Parlement européen, d'avoir un assistant qui figure sur un organigramme de parti politique ou de campagne. Ce que j'ai donc fait, c'est que j'ai pris la liste des eurodéputés français et j'ai regardé le profil de leurs assistants. Et je me suis aperçue qu'un certain nombre d'entre eux, tous partis politiques confondus, figuraient sur les organigrammes de leurs partis respectifs ou sur des organigrammes de campagne. C'est comme ça que ça a commencé, j'ai donc déposé 19 signalements, et le dernier en date concerne Jean-Luc Mélenchon. On a déjà commencé à regarder chez les sénateurs, chez les députés de l'Assemblée nationale, et on va par ailleurs regarder dans les cabinets des exécutifs locaux.

Marine Le Pen - Sputnik Afrique
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Sputnik: Mais ce qui vous est reproché, c'est plus qu'une simple question de présence sur un organigramme: la présidente du FN, Marine Le Pen, est mise en examen pour «abus de confiance» et «complicité d'abus de confiance» pour des soupçons d'emplois fictifs. On peut commencer à se demander si vous n'essayez pas d'entraîner les autres formations politiques dans votre chute?

Sophie Montel: Pour l'instant, il n'y a pas de chute! Il y a présomption d'innocence, une mise en examen ce n'est pas une condamnation. Laissons la justice faire son travail, nous sommes tout à fait sereins sur notre cas et il n'est pas du tout question d'entraîner qui que ce soit dans une «chute». Nous, nous disons simplement que ça n'a rien d'illégal: on peut avoir un assistant parlementaire qui, par ailleurs, milite ou a des fonctions dans le parti. Pour nous, il n'y a absolument pas de violation de la loi. Ce que nous voulons, c'est la fin de cette récréation, la fin de ce «deux poids, deux mesures» et de cette inégalité de traitement: quand c'est le Front national, tout le monde prétend que c'est illégal, alors que quand c'est les autres, tout le monde s'en fiche et trouve ça normal.

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Sputnik: Certains pourraient commencer à trouver que cette méthode ressemble à de la délation…

Sophie Montel: Ce n'est pas de la délation, ça s'appelle des signalements, cela fait partie de l'article 40 du Code de procédure pénale. C'est drôle, quand c'est Martin Schulz qui utilise cette procédure, tout le monde trouve ça extraordinaire, alors que quand c'est moi, on parle de dénonciation… Mais ça ne me gêne pas du tout, vous savez, j'ai trente ans de vie politique derrière moi, ce n'est pas le genre de choses qui m'effraient.

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