Lorsqu’élections et déménagements font bon ménage

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Selon une étude YouGov pour Démépool, un électeur sur cinq serait prêt à quitter la France s’il était déçu par le résultat de la présidentielle du 7 mai prochain. Réelle menace ou coup de bluff ? Nous avons cherché à en savoir plus.

Il n'y a pas que les stars qui annoncent vouloir quitter la France pour des raisons politiques. Tout comme les marchés financiers et les investisseurs étrangers, l'électeur lambda est lui aussi sujet à l'anxiété lorsqu'il s'agit de déterminer la ligne politique que suivra le pays pour les années à venir. C'est en tout cas l'un des constats que l'on peut tirer du sondage YouGov pour le déménageur Démépool et selon lequel près d'un électeur sur cinq serait prêt à s'expatrier si le futur président ne lui convenait pas.

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Un résultat assez intéressant, car si habituellement on parle de ceux qui décident de quitter la France pour des raisons fiscales, comme Johnny Halliday ou Gérard Depardieu — d'autant plus l'un d'eux a eu le malheur de choisir un pays dont le dirigeant incarne toutes les valeurs que méprisent les élites politiques de son pays d'origine — ou encore de ces stars qui menacent à chaque élection de quitter le pays si Le Pen passe — comme Guy Bedos, Patrick Bruel, Yannick Noha ou autres Nagi, les contribuables et salariés ordinaires ne donc sont pas à l'abri de la tentation d'aller paître dans des pâturages — tant voisins que lointains — ou du moins d'aller se faire tondre ailleurs.

Pour nous faire une idée de ce phénomène, nous sommes allés à la rencontre de Parisiens ou Franciliens travaillant à Paris. Bien entendu, ce précaire échantillonnage est tout sauf représentatif…

Le moins que l'on puisse dire, c'est que leurs réponses sont partagées, plus que dans l'étude où nous vous rappelons qu'1 électeur sur 5 serait prêt à quitter le pays en cas de grosse déception électorale. 8 % répondant être « tout à fait » sûr de s'expatrier, 12 % « plutôt ». Une nuance qui apparaît bien vite chez ceux qui nous ont répondu être prêts à partir en cas de victoire — de l'extrême-droite ou de l'extrême-gauche voire de… François Fillon. En effet, les choses se corsent légèrement pour eux, lorsqu'on leur demande concrètement où ils iraient, d'autant plus que quitter ses attaches n'est pas forcément chose aisée.

Autre frein immatériel, mais tout aussi potentiel à leur désir d'envol, ce qu'ils perdraient s'ils avaient à partir de notre douce France. En pole position des regrets, pour ceux se disant prêts à partir, ne plus avoir la Sécu. Alors il faut dire, c'est un point assez classique et redondant dans ce type d'études de mettre en avant la gratuité de certains soins et c'est évident que c'est un point non négligeable.
Cependant, de moins en moins de gens — qu'ils soient candidats à l'exil ou non — s'imaginent vieillir avec un système décent de Sécurité sociale. Dans le cas des personnes que nous avons interrogées, il semblerait que ce soit la bonne pitance et le bon vin qui l'emportent haut la main, ainsi que la culture. Deux postes qui apparaissent bien, respectivement en 2e (23 %) et 3e (16 %) position, dans l'étude YouGov.

Il faut dire qu'on imagine mal 20 % des électeurs fuir le pays du jour au lendemain. La France compte pas moins de 47 millions d'inscrits sur les listes électorales (dont 1,7 millions déjà expatriés et un demi-million de doublons), on frôlerait ainsi un exode de près de 9 millions de Français. Du moins, dans le pire des cas: car rappelons que tous ne cherchent pas à fuir le même présidentiable. Le chiffre paraissait en tout cas assez surréaliste à notre poignée de prospects, qui d'ailleurs ne semblaient pas avoir une opinion très favorable de ces candidats à l'exil politique.

En somme, tout comme dans cette étude de YouGov réalisée sur un échantillon de 1 000 personnes entre le 22 et le 23 mars, on retrouve tout de même assez de conditionnels dans les volontés de claquer la porte du paquebot France. On soulignera en effet qu'ils sont dans l'étude une quasi-majorité de 49 % de sondés à répondre ne « pas du tout » — auxquels s'ajoutent 21% de « pas vraiment » — être prêts à partir en cas de victoire d'un candidat non désiré.

(LtoR) French presidential election candidates, right-wing Les Republicains (LR) party Francois Fillon, En Marche ! movement Emmanuel Macron, far-left coalition La France insoumise Jean-Luc Melenchon, far-right Front National (FN) party Marine Le Pen, and left-wing French Socialist (PS) party Benoit Hamon, pose before a debate organised by the French private TV channel TF1 on March 20, 2017 in Aubervilliers, outside Paris. - Sputnik Afrique
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Il semblerait donc qu'il ne soit pas forcément dans l'air du temps de menacer de se contraindre à l'exil, comme certaines stars de gauche. Cela ne serait d'ailleurs pas forcément la manière la plus productive d'exprimer son opinion.

Quoi qu'il en soit, veulent partir ceux qui le peuvent, en effet l'étude montre assez logiquement une appétence pour l'international plus prononcée chez les diplômés du supérieur ou les personnes dont la carrière est déjà bien engagée (tels que les quadragénaires). On notera également, suivant les témoignages reçus ce-jour, que parmi ceux qui affirmaient vouloir partir, on retrouve des gens ayant des attaches — de la famille — déjà établie à l'étranger ou une situation financière qui ne semble pas les limiter. En somme, ceux qui peuvent profiter de la mondialisation, ne seraient-ils pas ceux qui en ont déjà bénéficié?

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