Dégel des relations Russie-Occident: les russophobes bientôt au placard?

Entre la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, les notes rationnelles vis-à-vis de la Russie de la part des dirigeants européens et l'évolution des préférences politiques des habitants du Vieux Continent.

La nécessité de centres de « conseil » et « d'analyse » spécialisés dans la russophobie, qui créaient au sein de la direction politique de leur pays et de la population le sentiment permanent d'une agression inévitable de la Russie, est remise en question.

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Hollywood et la russophobie
Le fait est qu'une grande partie des centres analytiques européens et leurs dirigeants sont activement impliqués dans la résistance contre la « propagande russe », qu'ils voient pratiquement dans chaque publication plus ou moins neutre concernant la Russie. Un exemple révélateur de ces sentiments est l'interview de Ralf Fücks, dirigeant de la fondation Heinrich Böll proche du parti des Verts qui la finance, dans laquelle ce représentant de premier rang de la communauté d'experts européenne exprime les principales revendications de l'establishment européen envers la Russie.

Premièrement, Ralf Fücks déclare que Moscou est le « QG de l'internationalisme antilibéral » et a créé un réseau pour influencer systématiquement les processus politiques en Europe grâce à son réseau d'agents dans les médias, les partis et au sein des entreprises. Le directeur de la fondation Böll dit ouvertement que l'Europe doit être plus ferme dans l'affirmation de ses valeurs. Dans le même temps, Fücks reconnaît que la crise du modèle démocratique libéral actuelle sur le continent résulte des processus de mondialisation, de la crise migratoire et des changements technologiques rapides.

Les experts libéraux européens du mainstream appellent à créer une société plus égalitaire où les représentants de toutes les couches sociales auraient une opportunité, soi-disant pour pallier la menace d'un élargissement de la base électorale des populistes — autrement dit des partis de droite qui prônent la fin de la migration incontrôlée, une politique protectionniste raisonnable et l'empêchement des aventures militaires au Moyen-Orient.

Fücks insiste encore et encore sur le fait que l'objectif du travail idéologique « subversif » de la Russie en Europe viserait à ranger de son côté l'Allemagne et ses élites, comme en témoignent, selon lui, les contacts étroits avec les anciens dirigeants ( comme Gerhardt Schröder ) mais aussi les hommes politiques allemands actuels, dont parmi les plus raisonnables on retrouve les représentants de l'establishment politique comme le vice-chancelier Sigmar Gabriel et le premier ministre de la Bavière Horst Seehofer, chaleureusement accueillis à Moscou.

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A en juger par les thèses principales de Fücks, le seul moyen de réduire l' « influence propagandiste » de la Russie sur les processus politiques en Europe consiste à régler complètement les problèmes les plus pertinents en Europe — et avant tout économiques. Une belle utopie quand on sait que les intérêts des grandes multinationales et le poids accumulé des problèmes financiers et économiques ne permettront pas de réaliser ce merveilleux scénario né dans les brain-trusts libéraux européens.

Dans le même temps, les médias européens restant dans la tendance russophobe restent fidèles à la tradition et continuent d'intimider le grand public en brandissant la fameuse « menace russe ».

Dans l'article « La vague prorusse en Europe de l'Est » paru dans le journal Die Welt, les auteurs reprennent la thèse d'un lien entre les résultats des élections en Bulgarie et en Moldavie et une prétendue influence russe tout en passant sous silence les pertes économiques parfaitement objectives de ces pays à cause de la confrontation avec la Russie qui leur a été imposée de l'extérieur, ainsi que la colère d'une grande partie de la population et des entreprises au vu de la politique de sanctions dont les pays d'Europe centrale et de l'Est ne tirent absolument aucun profit.

Aujourd'hui, les contours — encore très faibles — du consensus pragmatique qui se dessinent entre la future administration des USA et la Russie posent la question de savoir ce que feront encore les russophobes professionnels et les organisations créées pour la confrontation médiatique avec la Russie, notamment sur internet, une fois les relations normalisées.

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En parlant de structures concrètes, il est évident que les centres analytiques siégeant en Pologne, dans les pays baltes et dans le Sud-Est de l'Europe seront confrontés, en cas de normalisation des relations russo-américaines, d'une part à une réduction du financement et de l'autre à une crise idéologique quand ils devront se convaincre et expliquer à leur population les raisons pour lesquelles le patron de l'autre côté de l'Atlantique commence tout à coup à s'entendre avec les Russes "infréquentables" qui, selon eux, étaient au pied du mur et isolés.

Les organisations comme le CEPA, le Legatum Institute, le Center for New Eastern Europe, ainsi que les nombreux départements de recherche auprès des facultés des universités d'Europe de l'Est risquent de perdre l'intérêt des sponsors. On pourrait également prédire le changement de ton des principaux journaux européens dont les employés et les éditeurs sont également consternés depuis une semaine. Paradoxalement, ceux qui avançaient ces dernières années dans les médias européens une ligne antirusse agressive risquent de quitter le mainstream au profit de la « propagande russe ».

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