On ne va pas nier certains reportages qui ont diffusé en boucle les images montrant des spectateurs anglais en prise avec des spectateurs russes et des locaux, affirme l'avocat dans un entretien accordé à Sputnik.
"Mais il faut arrêter les bonnes personnes. Un certain nombre a été arrêté sur les faits, mais pas des Russes. On est venu cueillir mon client à plus de 100 km de Marseille, dans le bus, le surlendemain du match".
Son client, comme d'autres, a été pris dans un piège, estime-t-il. Comme d'autres, Sergueï Gorbatchev s'est retrouvé dans un tir croisé, coincé par des locaux dans des ruelles. Et le procès-verbal de la police peut en attester.
"Si on regarde, ce ne peut être lui qui attaquait. Il essayait de se protéger d'une foule de jeunes qui balançaient des cailloux. Il essaie aussi de protéger ceux qui sont à terre. Il fallait des Russes, pour respecter une parité avec les Anglais et les locaux arrêtés sur le coup", martèle Me Duflot.
Entre-temps, il n'y en a pas beaucoup qui ont eu des condamnations aussi lourdes.
Ainsi une question irrite: la condamnation des fans russes n'est-elle pas un acte politique?
"Je considère que c'est acte politique", s'accorde l'avocat. "Ce n'est pas un jugement fondé sur des documents juridiques d'un tribunal, c'est un jugement motivé par autre chose que le dossier concernant M. Gorbatchev. Il n'y a pas d'autre explication, ou alors le tribunal c'est vraiment fourvoyé".
Il imagine bien le scénario: les autorités parisiennes ne pouvaient pas condamner de suite sur place, et il fallait avoir des Russes. Si on avait condamné comme ça des jeunes des quartiers, il y aurait eu des émeutes, si on avait condamné des Anglais, il y aurait un incident diplomatique. Du coup, l'arrestation des Russes a été la "meilleure" issue.
"Notre police a mis deux jours pour réagir, et est allée où il y avait quelques Russes, et on a pris une liste de nom, en faisant un rapprochement avec les vidéos de surveillance. On les a vus et on les a pris. C'est une décision qui a tout de politique".
"Je pense que l'on jugera avec plus de sérénité et la cour appréciera les faits à leur juste valeur. Et je suis optimiste quant à une décision de relaxe, car on est dans un cas de légitime défense, pour soi et pour autrui. J'attends une décision de justice et pas une décision d'opportunité. M. Gorbatchev n'a rien d'un hooligan", résume Me Duflot.