Le groupe naval français DCNS, qui a construit deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral pour la Russie, envisage de réclamer 100 millions d'euros de remboursement suite à l'annulation du contrat avec Moscou, rapportent les médias.
En septembre 2012, les chantiers navals et la COFACE ont signé une police d'assurance avec un taux de couverture des coûts de 95%, dont sont exclues les marges du groupe naval.
COFACE a contesté jusqu'en février-mars 2015 la décision du groupe naval d'invoquer un cas de force majeure pour justifier la non livraison du premier BPC, qui devait être remis à Moscou en novembre 2014. Or ce cas de force majeure a permis à DNCS de se protéger d'une résiliation pour faute et de la perte des 1,5 à 2 milliards d'euros de frais de construction et de pénalités, en attendant une expression plus formelle de l'Etat français, selon Hervé Guillou, PDG de DNCS.
"Le président de la République a dit que ce serait une opération qui ne coûterait pas d'argent à l'industrie. Ce n'est pas encore le cas", a déclaré M.Guillou en décembre dernier.
La France et la Russie ont conclu un contrat de 1,2 milliard d'euros prévoyant la livraison de deux navires de classe Mistral en 2011. Cependant, la France a résilié le contrat avec Moscou sur fond de crise en Ukraine et en raison des pressions exercées sur le président François Hollande par ses alliés de l'Otan. La France revendra les deux bâtiments de guerre au Caire pour 950 millions d'euros conformément au contrat le 10 octobre dernier. Les deux navires doivent rejoindre l'Egypte l'été prochain.
En vertu d'un accord conclu le 5 août entre Paris et Moscou, après huit mois de négociations, le gouvernement français a versé aux autorités russes 949,8 millions d'euros, correspondant aux avances versées par la Russie pour l'acquisition des deux navires.