L'attribution éventuelle du statut d'économie de marché à la Chine dans le cadre de l'OMC provoquera une chute de la production en Europe et une hausse du chômage d'ici 2020, affirme le think-tank américain Economic Policy Institute (EPI) basé à Washington.
À son entrée à l'OMC, en 2001, la Chine a été enregistrée comme une économie non marchande. Selon les règles de l'OMC, les marchandises chinoises exportées vers l'Europe sont actuellement soumises à une législation spéciale comprenant l'application des mesures antidumping et même d'embargo.
Selon eux, les échanges commerciaux entre Pékin et l'UE, qui s'élèvent actuellement à un milliard d'euros par jour, pourraient augmenter de 50% d'ici 2020. L'afflux de marchandises chinoises à des prix beaucoup moins élevés sur le marché européen provoquera une chute de la production en Europe, dont le montant variera entre 114.100 et 222.000 milliards d'euros par an.
Cela signifie qu'entre 1,7 millions et 3,5 millions de personnes risquent de perdre leur travail notamment dans les domaines de l'industrie manufacturière (entre 779.300 et 1558.700 emplois détruits), des hautes technologies et des produits électroniques et d'optique (entre 143.900 et 287.900 emplois détruits), de l'industrie du meuble (entre 92.500 et 185.000 emplois). Un risque pèsera en outre sur les emplois dans les domaines de la fabrication des composants automobiles (1200.000), du papier (647.000), de l'acier (350.000), des produits céramiques (338.000), du verre (100.000), de l'aluminium (80.000), des vélos (28.000), la liste n'étant pas exhaustive.
Les positions de la Chine sur le marché international ne cessent de se renforcer depuis son entrée à l'OMC (organisation internationale établissant les règles qui régissent le commerce international, ndlr). L'application de la clause de la nation favorisée (clause « par laquelle chaque État signataire s'engage à accorder à l'autre tout avantage qu'il accorderait à un État tiers », ndlr) a contribué à l'élargissement de la présence des entreprises chinoises sur le marché mondial.
Ces nouvelles conditions ont permis à la Chine de devenir la deuxième puissance économique après les Etats-Unis. Pourtant, les mesures antidumping appliquées par les pays de l'UE envers les marchandises de la Chine, considérée comme une économie non marchande, limitaient l'activité des producteurs chinois en Europe.