Athènes répond à l'ultimatum des créanciers par un référendum

© Sputnik . Stefanos RapanisPeople line up to withdraw cash from an automated teller machine (ATM) outside a National Bank branch in Iraklio on the island of Crete, Greece
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Les cinq mois de négociations difficiles sur le règlement des problèmes de la dette grecque menées par le gouvernement d'Alexis Tsipras avec les créanciers internationaux de la Grèce ont complètement échoué, écrit lundi 29 juin le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Le dernier sommet extraordinaire de l'UE s'est soldé de facto par une rupture entre la Grèce et la Troïka des créanciers — la Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE). Dans la nuit de vendredi à samedi, le premier ministre grec a dans un discours à la télévision annoncé un référendum national pour le 5 juillet. Les Grecs devront choisir: accepter l'ultimatum des créanciers pour poursuivre la politique d'austérité antisociale, ou donner au gouvernement de Tsipras carte blanche pour faire sortir le pays de la zone euro.

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Au cours de la semaine dernière, les négociateurs grecs ont tenté de trouver à Bruxelles des conditions mutuellement acceptables avec la Troïka pour obtenir une nouvelle tranche de 7,2 milliards d'euros pour la Grèce. Cet argent aurait permis à verser 1,6 milliard d'euros au FMI, ce qui doit être fait le 30 juin. Dans le cas contraire, Athènes sera en défaut de paiement.

Bien que les représentants du gouvernement de gauche aient accepté de faire des concessions conséquentes au profit de la Troïka, ils se sont retrouvés confrontés à un ultimatum des créanciers exigeant une hausse considérable des impôts, la réduction des retraites et l'augmentation de l'âge limite de la retraite. Étant donné que le parti Syriza est arrivé au pouvoir en janvier en prônant la fin de la politique d'austérité économique, Alexis Tsipras a préféré ne pas accepter ces propositions et a proposé aux citoyens un référendum.

Selon le leader de Syriza, le 5 juillet sera le "jour de vérité" pour les créanciers "quand ils verront que la Grèce ne se rend pas, que la partie n'est pas encore terminée pour la Grèce". Tsipras a également noté que la Grèce n'était pas un hôte en UE, mais un membre à part entière, et que l'ultimatum des créanciers était humiliant pour son pays. La décision d'Athènes d'organiser un référendum a été particulièrement critiquée par Bruxelles. L'Eurogroupe a refusé de prolonger le programme d'aide à la Grèce, qui s'achève le 30 juin, et a annoncé que la poursuite des négociations avec Athènes était impossible.

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Un tournant aussi inattendu de la situation et la perspective de sortir de la zone euro pointant à l'horizon ont effrayé le Grecs qui, après le discours de Tsipras, se sont empressés de retirer leur épargne. Les retraits de l'argent liquide se sont poursuivis le week-end, des files d'attente se sont formées devant les distributeurs automatiques à Athènes et aux abords de la capitale. Selon les médias, rien que dans la matinée de samedi, les Grecs ont retiré près de 400 millions d'euros, et de nombreux distributeurs étaient vides.

Entre temps, les sondages montrent que la majorité des Grecs ne soutient pas l'éventuelle sortie du pays de la zone euro. Selon l'étude menée par Alco, 57% des personnes interrogées pensent que la Grèce doit rester au sein de l'union monétaire et seulement 29% se sont prononcés pour une rupture définitive avec l'euro.

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