La dernière mouture de ce document présenté chaque année aux congressistes a fait sensation: selon les services secrets, l'Iran et le Hezbollah pro-iranien — répandu au Liban et en Syrie — ne représentent plus une menace aux intérêts nationaux des USA et, par conséquent, doivent être exclus de la liste noire.
Dans le rapport de 2014, l'Iran et le Hezbollah se trouvaient encore dans la catégorie "terrorisme" et le document relevait que Téhéran et le Hezbollah avaient considérablement accru leurs activités terroristes ces dernières années à un niveau sans précédent. Aujourd'hui, Clapper préconise d'exclure le Hezbollah et l'Iran de la liste noire parce qu'ils combattent contre l'État islamiste. Les auteurs du rapport n'expliquent pas toutefois comment, en un an, une organisation considérée comme terroriste par les USA et l'UE et financée par Téhéran a pu se transformer en victime. Rappelons que le Hezbollah a été accusé de plusieurs attentats contre les USA et leurs alliés.
Alors que le Congrès tente de renforcer les sanctions contre l'Iran et dans le contexte des événements survenus ces dernières années, l'apparition de ce document étrange pourrait viser à amadouer Téhéran, le pousser à des concessions et à signer l'accord sur son programme nucléaire, dont le prochain ultimatum arrive à échéance. De plus, l'apparition sur l'arène régionale de l'État islamique contrôlant de vastes territoires syriens et iraniens a considérablement changé la répartition des forces au Moyen-Orient. L'Occident, et avant tout l'Amérique, estime que la plus grande menace émane des radicaux sunnites, qui sont opposés aux radicaux chiites pro-iraniens et à l'Iran. Il n'est pas un secret que les Iraniens et le Hezbollah mènent des opérations contre l'EI en Syrie et dans le nord de l'Irak. Les forces de l'Otan, de leur côté, bombardent les positions de l'EI par les airs.