La falsification de l’histoire à la chilienne

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La dictature est présentée comme un régime militaire. Un scandale politique a éclaté au Chili après que dans les manuels scolaires l’évaluation du gouvernement du général Augusto Pinochet eut changé. A présent, sous l’influence du gouvernement de centre droite du pays on enseigne aux élèves qu’entre 1973 et 1990 c’est un «régime militaire» qui existait au Chili.

Augusto Pinochet a été parmi les organisateurs du putsch du 11 septembre 1973 au Chili. Une opération bien orchestrée, engageant l’artillerie, l’aviation et l’infanterie, demeure toujours la plus importante opération militaire interne menée dans le pays. Pinochet est devenu dictateur. En 17 ans de son gouvernement plus de 40 mille personnes ont souffert, quelque 3 mille citoyens on péri ou disparu. Cette interprétation de son gouvernement est partagée par la plupart des organisations des droits de l’Homme, seuls ne sont pas d’accord les représentants du gouvernement de centre droite du pays. Grâce à leurs efforts le terme «dictature» a été remplacé dans les manuels d’histoire par celui «de gouvernement militaire». Voici ce qu’en pense Boris Martynov, directeur de l’Institut de l’Amérique latine auprès de l’Académie russe des sciences.

«Qu’est-ce un régime militaire sinon une dictature ? Puisque ce n’est pas une démocratie et que le pouvoir est pris moyennant un coup d’Etat militaire ? Et c’était ainsi, il a causé la mort du président légitimement élu. Rien à faire, c’est une dictature!

De décembre 1974 à mars 1990 Pinochet était président du Chili et commandant en chef suprême des Forces armées du pays. Durant cette période des tribunaux militaires ont été institués, des centres de torture secrets et des camps de concentration pour les détenus politiques ont été créés. Les réformes économiques appliquées par Pinochet, c’est une autre chose. Nombre d’experts estiment que le général a sauvé le pays d’une grave crise économique, de la guerre civile et de la division. Mais était-ce l’unique moyen de salut ? Plutôt, non…»

Le scandale politique au Chili est un exemple de choc d’intérêts, dont parle Boris Martynov. Exemple, certes, éloquent, mais pas le seul.

«Il convient d’ajouter que la tendance n’existe pas dans la seule Amérique latine. En 2003 le parlement d’Ukraine a adopté un acte législatif, définissant la faim des années 30 du siècle dernier comme le génocide du peuple ukrainien par le régime stalinien. Sans doute, les politiques ukrainiens ont oublié que parmi les victimes de la famine en ces années il y avait également des Russes, des Kazakhs et beaucoup d’autres peuples habitant en territoire de l’URSS. Il est encore plus étonnant que la tragédie de l’URSS ait été reconnue comme génocide par encore 26 pays, dont le Chili. Dans cette optique, le changement de leur propre histoire par des hommes politiques chiliens ne semble déjà plus aussi scandaleux et surprenant – ce n’est pas pour la première fois qu’ils le font».
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