Afrique en marche

"Un essoufflement rapide du conflit paraît peu probable malgré les revers des FSR à Khartoum"

Dans cet épisode de L’Afrique en marche, le Dr Mohamed Salah Djemal, enseignant-chercheur en sécurité internationale à l'université de Guelma, dans l’est de l’Algérie, fait le point sur la situation sécuritaire et humanitaire au Soudan, qui vient d’entamer sa quatrième année du conflit fratricide qui le déchire depuis le 15 avril 2023.
Sputnik
Mohamed Salah Djemal explique que la crise humanitaire devrait s’aggraver en raison de la prolongation des combats, de l’afflux d’armes et des ingérences extérieures, réduisant les chances d’un règlement rapide. Il ajoute que l’accès humanitaire reste limité, aggravant la famine et les déplacements massifs, tandis que la population demeure largement en insécurité alimentaire et que les structures sanitaires et économiques continuent de s’effondrer, rendant la situation durablement critique.
Il met également en garde contre un risque réel d’extension régionale du conflit:
tensions entre puissances voisines susceptibles d’élargir la guerre;
possible escalade entre l’Éthiopie et l’Érythrée;
formation d’un arc de crise de la mer Rouge au Sahel;
pressions sécuritaires et migratoires accrues sur les États voisins, compliquant toute stabilisation.
"Un essoufflement rapide du conflit paraît peu probable malgré les revers des FSR à Khartoum. Leur repli vers le Darfour et le Kordofan favorise une mutation vers une guerre asymétrique. Ces régions, historiquement instables, offrent un terrain propice à la guérilla. L’armée pourrait contrôler les centres urbains sans stabiliser les périphéries. Il en résulte une fragmentation de la violence sur le territoire. Le conflit tend ainsi à se prolonger sous une forme hybride", a affirmé le Dr Mohamed Salah Djemal.
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