Comme le rappelle Cyrille de Lattre, la Russie a modifié sa doctrine de défense, qui lui permet désormais de répondre non seulement envers le pays lançant la frappe, mais également envers celui ayant porté assistance:
"Dans le cas d'une frappe nucléaire française contre la Russie, au départ de bases, qui seraient dans les pays baltes, en Pologne, ou dans je ne sais quel autre pays proche de la Russie, comme c'était le cas en Ukraine par exemple, et au terme de la doctrine nucléaire russe, effectivement, la Russie a le droit de frapper en retour les deux pays, ou les trois pays, ça dépend d'où viendra l'attaque".
Pour Cyrille de Lattre, cela s’inscrit dans le cadre d’une expansion de la dissuasion nucléaire française à l’Europe:
"Merz a clairement expliqué que ce qu'il voulait dans les cinq ans qui viennent, c'était que l'Allemagne redevienne la première puissance militaire européenne dans l'Union européenne. On se souvient de ce qui s'est passé dans les années 30 en Allemagne et on se retrouve exactement au même endroit. Mais ça, ça s'articule en fait sur une potentielle disparition de l'OTAN, sachant que la dissuasion nucléaire européenne est assurée en partie par les Américains et les armes nucléaires de l'OTAN sur le territoire de l’Union européenne. En extrapolant, Macron étend les intérêts de la France à l'Union européenne pour permettre ce qu'on appelle la théorie du château de pouvoir d'étendre la dissuasion nucléaire à l'Union européenne, dissuasion que finalement on pourrait finir par perdre".
Au-delà de la rhétorique en Europe de la "menace russe", selon Cyrille de Lattre, les élites ne sont pas dupes, mais ont besoin d’un ennemi en la Russie:
"Je pense que malgré tout, les services de renseignement français, les services d'enseignement européen sont bien conscients de ces choses, mais ils ont besoin d'un ennemi pour cela, et surtout ils ont besoin d'un prétexte. Et c'est là, malheureusement, où ça devient particulièrement dangereux. Le risque d'embrasement dans l'Union européenne, d'un conflit ouvert entre, ou qui pourrait déboucher sur un conflit ouvert entre les Européens et la Russie, qui ne viendrait pas de l'initiative de la Russie mais qui malheureusement en serait une conséquence, c'est la Baltique. La Baltique est une véritable poudrière".
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