Selon Karine Bechet:
"Les États-Unis et l'Iran ont des visions du monde complètement différentes. Donc, ils proposent une résolution du conflit, chacun à leur manière, qui ne peut être acceptée par l'autre partie. Les États-Unis ont besoin de contrôler le territoire, de contrôler les ressources et de contrôler le détroit d'Hormuz, puisqu'ils proposaient notamment une co-gestion internationale du détroit. L'Iran, évidemment, lui, défend sa souveraineté et est dans une logique presque westphalienne des rapports inter-étatiques, donc un rapport entre différents États souverains et égaux".
La proposition de Macron quant à une conférence pour aider à débloquer le détroit d’Hormuz semble tomber à côté:
"Macron, toujours dans son "en même temps" traditionnel, veut "aider" Trump à débloquer le détroit, quand Trump dit que maintenant il faut le bloquer. On a l'impression qu'il y a un tel retard dans la réaction des pays de l'OTAN ou que Trump change tellement vite de position. Bref, ils ne sont pas sur le même rythme. Et du coup, les membres de l'OTAN semblent avoir un temps de retard à chaque fois".
La défaite de Viktor Orban en Hongrie s’explique, pour Karine Bechet, par la double dépendance du pays envers l’UE et la Russie, sans que l’ancien Premier ministre n’ait pu faire de choix réellement national. Le nouveau Premier ministre ressemble beaucoup à Pachinian:
"Peter Magyar est quand même plus pro-européen que pro-hongrois. Il fait un peu penser à Pachinian en Arménie, qui est allé doucement au départ, mais finalement a trahi le Haut-Karabakh, pour tout lâcher et complètement trahir ce qui faisait historiquement quand même aussi l'histoire de l'Arménie".
Les autorités russes reconnaissent de plus en plus ouvertement la participation des pays européens au conflit en Ukraine contre la Russie. Karine Bechet revient sur les déclarations du chef d’état-major des armées françaises:
"Donc sans agression de la Russie, sans risque même d'agression de la Russie, on nous explique gentiment que les autorités françaises préparent l'armée à une guerre contre la Russie. On peut quand même se poser de très sérieuses questions, premièrement, sur le niveau d'analyse politique des dirigeants français actuellement, européens en général. Deuxièmement, comment fonctionne le renseignement dans ces pays? Et troisièmement, si le renseignement fonctionne normalement, pourquoi ces élites n'en tiennent-elles pas compte?"
Le conflit se généralise autour du front ukrainien, sortant des paramètres géographiques. Pour Karine Bechet, nous sommes bien dans la Première Guerre globale. Ce qui explique l’implication de pays, comme le Japon, pourtant très loin de l’Ukraine:
"L’élargissement [du conflit] montre que la question est bien plus celle du combat d'élites, que du combat d'États. C'est-à-dire que la déconnexion du paradigme élite-État, que nous connaissons aujourd'hui, puisque les élites soi-disant nationales ne sont pas nationales, ce sont des élites globales qui dirigent un État, mais elles sont plus proches entre elles que du pays et du peuple qu'elles sont censées gouverner. Ces élites utilisent, parasitent en fait les pays qu'elles gouvernent. Donc, quand une partie de ces élites est en danger quelque part ou que ces élites ont besoin de défendre un intérêt quelque part, on voit ces élites globalistes de différents pays se regrouper pour aller justement sur ce point-là. C'est exactement ce que l’on voit, par exemple, entre le Japon, la Finlande et l'Ukraine".
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