Modibo Mao Makalou a rappelé que les conséquences de la crise se manifestaient par la hausse des prix de l'énergie, de l'alimentation et des transports, affectant surtout le pouvoir d'achat. Il a souligné que les hydrocarbures et leurs dérivés représentaient 33% des importations maliennes, ce qui gonflait la facture énergétique et impactait l'activité économique, dont 80% reposait sur la consommation. Sans mesures préventives et amortisseurs économiques, des périodes difficiles s'annonceraient.
L’expert décrit les défis structurels du Mali:
Pays enclavé, semi-désertique, aux infrastructures défaillantes;
Économie agro-sylvo-pastorale peu transformée;
Mines dominantes, mais basées sur des ressources non renouvelables.
"Il va falloir que nous puissions augmenter notre production nationale, que nous la diversifions, parce qu'actuellement, 90% de tout ce que nous vendons à l'extérieur est basé sur quatre produits. L'or, le lithium, le coton et les animaux vivants. Donc nous avons beaucoup plus de potentiel que tout ça. Nous avons les mains, nous avons le réine, nous avons le poisson d'eau douce. Nous avons énormément de potentialité. Il faut que nous diversifions les filières pour la diversifier et ensuite aller vers une transformation structurelle, vers plus d'industrialisation", a affirmé Modibo Mao Makalou.
Modibo Mao Makalou a qualifié la mesure de subventions de conjoncturelle, notant l'incertitude sur la fin de la guerre malgré les déclarations optimistes du président Trump. Même en cas de cessez-le-feu, la reconstruction des infrastructures pétrolières et gazières prendrait un à trois ans, et la reprise de la production ne serait pas immédiate en raison des investissements requis. L'État devait donc rester présent auprès des Maliens avec ces subventions, "quoi qu'il en coûte".
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