Les conflits en Ukraine et en Iran se construisent autour et par la recherche de proxys, comme l’explique Pierre-Emmanuel Thomann:
"Les Européens, face à la Russie, ont un proxy. Ils peuvent détruire l'Ukraine jusqu'au dernier Ukrainien contre la Russie. Ils ne sont pas touchés directement par ce conflit. Ils donnent des armes au régime de Kiev, qui se bat contre les Russes. Les Européens n'ont pas besoin d'être en première ligne. D'ailleurs, ils ne seraient pas capables militairement de le faire. Et dans le cas de l'Iran, les États-Unis, qui ont sous-estimé cette opération dans leur doctrine de sous-traitance géopolitique, aimeraient bien pousser les Européens au front, parce qu'ils ne sont pas capables seuls d'y faire face, les pays du Golfe encore moins. Mais les Européens, là, n’ont pas de proxys pour se battre contre l'Iran, il faudrait aller au front. Les Européens n'ont pas les moyens militaires. Ils perdraient la bataille et, en plus, personne n'est prêt à mourir pour détruire l'Iran".
Selon l'expert, bien loin d’un agenda de paix, depuis l’élection de Trump à la présidence américaine, les tensions ne font que monter:
"En réalité, son agenda est celui d'essayer par la force militaire de regagner les points perdus dans les présidences précédentes des États-Unis vers le monde multipolaire. Et donc, je crois que la fuite en avant est caractérisée par une politique de terre brûlée. Puisque l'avancée vers le multipolaire est en marche et en quelque sorte presque irréversible, les États-Unis cherchent à détruire les zones géopolitiques, qui pourraient profiter à leurs adversaires".
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