Selon Jean-François Geneste, il n’existe pas de juste milieu entre la liberté des utilisateurs de Starlink au Sahel et les besoins sécuritaires des pays. Il compare cette situation à l’émergence des voitures chez les malfrats en France, qui nécessita les brigades du Tigre, ou encore aux armes et armures au Moyen Âge. Il souligne que les zones de non-droit existent partout et sont, par définition, contrôlées par les criminels et non par l’État.
"Pour ce qui est du levier d’influence américain, étant donné la dépendance des groupes armés à Starlink, la réponse est clairement oui. Si vous coupez Starlink aux groupes armés, ils n’ont pas, aujourd’hui, de substitut. L’arrivée de Kuiper ne changera rien si la décision dépend du gouvernement américain. Pour un changement radical, il faudrait un système géré par une puissance géopolitique rivale de celle des USA, la Russie par exemple", a souligné Jean-François Geneste.
Dans le même sens, il rappelle qu’il existe en Russie un programme nommé Sphera, qui regroupe plusieurs domaines: communications, observation, navigation. Au sein de ce programme, Zorki concerne l’observation, tandis que l’Internet relève d’un projet appelé Skif, qui ne comportera que 12 satellites contre jusqu’à 42.000 pour Starlink.
"Le programme Sphera, dans son ensemble, n’est donc absolument pas au niveau pour les pays du Sahel, mais aussi pour la Russie elle-même. La doctrine Starlink est de propager la voie de l’Amérique dans le monde entier. En la matière, la Russie est petit joueur, comme l’Europe. Seule la Chine actuellement songe à 2 constellations vraiment en compétition, qui sont Qianfan et Guowang, qui totaliseront environ 30.000 satellites".
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