Aguibou Madani Tall décrit deux profils d'autisme:
Le "silencieux" où l'enfant ne parle pas, présente des troubles comportementaux et des interactions sociales altérées;
Le "bavard" qui parle abondamment mais répète sans cohérence, produisant des mots ou phrases non coordonnées.
La plupart des cas observés au Mali ne sont pas de l'autisme vrai, rare ici, mais des conséquences de souffrances fœtales impactant langage, comportement et socialisation – on colle trop vite l'étiquette "autiste" à tout enfant muet ou perturbé.
Selon ortophoniste, le rôle de l’orthophoniste est de prendre en charge de toutes pathologies langagières:
"Nous utilisons la méthode magique. Chaque enfant que tu reçois, tu t'adaptes à lui. Tu te conformes à lui, tu portes son boulot à lui. Alors, si cet enfant-là a deux ans, tu rabaises ton âge jusqu'à deux ans et vous évoluez ensemble. Tout doit être dans un cadre ludique, agréable, de jeu, de plaisanterie. Pour que l'enfant puisse avoir une assurance, s'ouvrir à vous pour que vous puissiez obtenir ce que vous voulez obtenir. S'adapter à chaque enfant, à tout le monde. Parce que le patient peut venir, tu veux travailler ça et immédiatement tu vois qu'il ne veut pas faire ça. Donc tu dois improviser, travailler autre chose, mais en même temps, dans autre chose que tu travailles, tu n'es pas sorti de ta ligne de main".
Le problème au Mali c’est qu’il existe de faux orthophoniste sans contrôle dans un pays où "tout est permis". L’orthophonie coûte cher et nécessite un investissement étatique. Tall regrette de ne pas pouvoir partager son expérience acquise; toutes les régions manquent d’orthophonistes, obligeant les familles à venir à Bamako, où les places sont limitées.
► Retrouvez tous les épisodes du podcast Tandem.