Selon l’expert, l’opération américaine était paradoxale: très planifiée sur le plan logistique, mais improvisée sur les plans politique et stratégique. Il souligne plusieurs erreurs clés de Washington:
Ils ont été trompés par les Israéliens, qui leur ont assuré que le régime iranien était très affaibli et ne tiendrait que quelques jours.
Ils ont trahi leurs interlocuteurs iraniens, avec qui les négociations étaient pourtant positives, après qu’Israël les a informés d’une opportunité de “décapiter” le pouvoir.
Ils se sont lancés dans une guerre hasardeuse sans réserves de munitions suffisantes, pensant liquider leurs adversaires en une semaine.
Ils n’ont pas pris la précaution d’obtenir l’aval du Congrès ni d’informer leurs alliés européens.
"Il est certain que, dans le monde balistique qui est celui d’aujourd’hui et plus encore celui de demain, le porte-avions représentera beaucoup plus une menace qu’une opportunité. Il est même devenu, par sa taille imposante et sa vulnérabilité très importante, le symbole même du monde néocolonial qui est en train de disparaître. Ce sont les missiles, et plus encore les drones, très bon marché et efficaces, à la portée de tous et inarrêtables lorsqu’ils sont envoyés en essaim, qui représentent l’arme presque absolue, tant pour les grands pays que pour les petits, " a souligné le géopoliticien.
François Martin ajoute qu'"aucune thalassocratie n’est plus protégée par aucun navire", que seuls les sous-marins le restent mais sans pouvoir emporter d’avions, et que le développement du commerce maritime obligera les pays à s’entendre sur des règles communes, faute de quoi la piraterie généralisée s’installera.