Avenir souverain

“Le paradigme néolibéral a échoué, il est temps de changer de direction”

L’UA remet en cause certaines pratiques des grandes agences de notation internationales, accusées de proposer des évaluations défavorables aux économies africaines. Cette prise de position, survenue après la décision de Fitch Ratings de continuer à noter Afreximbank, relance le débat sur la perception du risque africain et ses conséquences.
Sputnik
Dans Avenir Souverain, Damba Moussa Dembélé s’interroge sur la manière dont le risque africain est évalué par les agences de notation internationales. Selon l’économiste sénégalais, ces notations reposent sur des critères qui ne tiennent pas toujours compte des réalités spécifiques des pays africains et contribuent à entretenir une perception durablement défavorable du continent. M. Dembélé évoque une approche qu’il estime marquée par des considérations économiques, mais aussi politiques et idéologiques, et qui pèse directement sur les conditions d’accès au financement.
L'économiste revient également sur les effets concrets de ces évaluations, notamment sur le coût de la dette et les marges budgétaires des États. Il souligne que cette situation alimente un débat plus large sur la dépendance aux marchés financiers internationaux et sur la nécessité, pour les pays africains, d’explorer d’autres trajectoires.
Damba Moussa Dembélé décrit enfin les pistes d’un changement de cap, entre mobilisation des ressources internes, diversification des partenariats et émergence d’initiatives africaines dans le domaine de la notation financière.

“Il y a toujours une attitude négative par rapport aux pays africains, pour des raisons économiques, politiques et idéologiques. Nos économies sont évaluées à partir de critères pensés pour les pays développés, ce qui conduit à une surévaluation du risque. Cette situation a des conséquences très concrètes, notamment sur le coût de la dette et sur les choix budgétaires des États africains. L’argument sur la fiabilité des données est un prétexte, car ces données proviennent du FMI, des banques centrales et sont utilisées par les institutions internationales. Il est donc nécessaire de repenser cette approche et de changer de direction”, a-t-il affirmé.

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