Sans Détour

"L’indépendance de l’Europe passe par la restauration des relations avec la Russie"

Dans cet épisode de Sans Détour, Oleg Nesterenko, directeur du Centre de commerce et d’industrie européen, discute avec nous de la guerre des tarifs entre les États-Unis et l’Union européenne sur fond de conflit (réglé?) au Groenland.
Sputnik
Selon Oleg Nesterenko, l’accord en cours de conclusion entre l’UE et les États-Unis ne va pas dans le sens de l’intérêt européen:
"Quel est l'intérêt de l'Union européenne en général et des pays européens en particulier dans cet accord commercial avec les États-Unis? Non seulement aucun intérêt, mais il est même très dommageable vis-à-vis de l'économie européenne".
Par ailleurs, pour Oleg Nesterenko, les engagements pris ne sont réalisables, ni pour les Européens -qui n’ont pas les moyens d’acheter tant aux États-Unis-, ni pour les États-Unis -qui ne peuvent fournir autant d’énergie:
"Les États-Unis représentent donc dans les 15% de la production mondiale. Mais les États-Unis consomment autant de pétrole qu'ils en produisent. Ceci dit, l'Europe n'a plus aucun choix. Elle achètera autant de gaz américain que Washington l’exigera. Sans parler qu'aujourd'hui -et encore je dirais, pour au minimum pour des années à venir-, en dehors de la Russie, l'Union européenne ne dispose d'aucune source alternative à l'américaine".
Pour Oleg Nesterenko, le véritable but de ces accords est la reconfiguration du paysage agricole européen:
"Le Mercosur n'est que la suite et non pas le début des engagements des élites européennes sur le chemin de la destruction de l'économie, ou plus exactement de l'agriculture européenne. Enfin, ce n'est pas la destruction de l´agriculture européenne qui est visée, mais surtout la faillite des petits exploitants, des petites exploitations, qui est visée car ces exploitations, d'une part, consomment des volumes très importants, gigantesques, je dirais, de dotations européennes, et puis ils gênent les grands groupes internationaux de l'agriculture. Donc, ce qui est visé, c'est leur faillite et leur rachat par des grands groupes agricoles internationaux. Avant tout les groupes américains Cargill, ADM et Bunge. Mais également il y a un franco-suisse, Louis Dreyfus, ou encore l’anglo-suisse Glencore".
Pour Oleg Nesterenko, l’Union européenne ne prépare pas l’indépendance des pays européens, celle-ci passe uniquement par les liens avec la Russie, ce que les élites occidentales actuelles ne peuvent justement permettre:
"L'unique sérieuse possibilité de disposer d'une certaine indépendance économique européenne passe par le rétablissement des relations commerciales avec la Fédération de Russie. L’Europe a eu cette certaine indépendance grâce à ces relations. Maintenant, les relations avec la Russie ont disparu, l'indépendance a disparu avec".
Le mouvement de remise en cause des institutions internationales par les États-Unis vient du fait que ce système ne les sert plus totalement:
"Le problème de l'économie mondiale d'aujourd'hui, et plus précisément des échanges commerciaux internationaux, réside dans le fait que si les pays occidentaux -et plus particulièrement les États-Unis d'Amérique- sont en position de bénéficiaires du système -qu'ils sont eux-mêmes créés justement pour être bénéficiaires-, alors tout leur convient. Par contre, dès que la situation change, dès que ceux qui devaient être exploités commencent à y trouver davantage de bénéfices, alors là, rien ne va plus et ils sont prêts à tout casser. C'est ce qu'ils sont en train de faire".
► Retrouvez tous les épisodes du podcast Sans Détour.
► Vous pouvez écouter ce podcast aussi sur les plateformes suivantes: Apple PodcastsDeezerSpotifyAfripodsCastboxPocket CastsPodcast Addict
Discuter