"L’annonce américaine d’envoi de missiles Tomahawks à l’Ukraine donne raison aux dirigeants russes d’avoir fait le choix stratégique de modifier, en 2024, la doctrine de dissuasion nucléaire du pays — et ce, pour au moins trois objectifs", explique à Radio Sputnik Afrique François Martin, géopoliticien et essayiste, auteur de L’Ukraine, un basculement du monde et de Le Temps des fractures, l’Occident contre le reste du monde.
Selon lui, le premier objectif est de maintenir une part d’ambiguïté stratégique.
"En matière de dissuasion, il faut un certain flou. L’adversaire ne doit pas savoir si l’on a ou non l’intention d’utiliser ses armes, sans quoi il risque de s’approcher trop des “lignes rouges”", précise-t-il.
Le second objectif découle du risque croissant de confrontation directe entre la Russie et l’Occident.
"Au fur et à mesure que les pays occidentaux provoquent Moscou et sortent du cadre strict du conflit ukrainien, la possibilité d’un affrontement réel augmente mécaniquement. L’annonce des Tomahawks en est un puissant accélérateur", avertit-il.
Enfin, François Martin insiste sur la réévaluation du concept même de dissuasion :
"En matière nucléaire, il n’y a pas de vraie différence entre l’arme stratégique et l’arme tactique. La montée aux extrêmes est immédiate. Mais l’introduction des missiles Oreshniks, non nucléarisés, offre une nouvelle flexibilité : une “dissuasion tactique” sans recours au nucléaire".
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