Afrique en marche

BRICS: il faut créer une monnaie commune pour changer l’ordre mondial, selon un ex-ministre algérien

Pour réformer le système monétaire dominé par l'Occident et mettre fin à l'hégémonie du dollar, il faut que les BRICS renforcent leur position et qu'ils aient une monnaie commune, affirme à L’Afrique en marche l’ex-ministre algérien du Trésor Ali Benouari. Le DTS, émise par le FMI, pourrait servir d’une telle monnaie de compte pour le groupe.
Sputnik
"En attendant de pouvoir créer l’indice composite idéal qui servirait de monnaie de compte pour les BRICS+, ces derniers pourraient reprendre l’idée de monnaie de compte du FMI, à savoir les Droits de tirages spéciaux (DTS), en la transposant à la monnaie des BRICS", indique à Radio Sputnik Afrique Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor, actuellement PDG d’EcoFinance à Genève et président de la Fondation Luc Montagnier également à Genève.
Après tout, poursuit-il, "le DTS est déjà familier à tous les États et sert de monnaie de compte du FMI et toutes les autres organisations internationales. Le DTS pourrait servir de transition idéale vers un système monétaire international réformé et les BRICS pourraient continuer, en parallèle, à échanger dans leurs monnaies nationales ou bien adopter le DTS dans leurs échanges, s’ils craignent d’être pénalisés par une trop forte appréciation ou dépréciation de la monnaie de leurs partenaires".

Et de souligner qu’"en s’attaquant économiquement et financièrement à la Russie, les États-Unis et tous les pays occidentaux, qui ont suivi sans sourciller leurs politiques des sanctions antirusses, se sont tiré une balle dans le pied".

En effet, selon lui, "lorsqu’il s'agissait de décréter des sanctions ou d'aller bombarder des pays, réputés non démocratiques, selon les standards occidentaux, ameutant des dizaines de pays contre eux par une savante campagne médiatique de désinformation et de mensonges, les Occidentaux arrivaient à susciter le consensus autour de leur politique pour détrôner Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi avec des dégâts collatéraux infligés aux populations civiles. Ça n'émouvait personne évidement. Idem. Quand les États-Unis imposent des sanctions injustes et inhumaines pendant des décennies à des pays comme Cuba, depuis 1962, ou l’Iran, il y a déjà plus de 40 ans, la communauté internationale, ou ce qui est désigné comme telle, qui a l’habitude de réagir à des broutilles, ne bouge pas le petit doigt pour mettre fin à ces sanctions".

Mais dès lors qu'ils ont touché à la Russie, souligne M. Benouari, "ils ont déclenché par leur arrogance et leur aveuglement un cataclysme économique, mais aussi financier et monétaire, qui se manifeste aujourd'hui à travers les ambitions des BRICS et des pays qui les ont rejoint dernièrement lors du sommet de Johannesburg, comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, de se défaire du diktat du dollar américain. Tous ces pays se demandent actuellement si eux-mêmes ne risquent pas de se retrouver dans la même situation que la Russie, en cas de désaccord avec les États-Unis sur un quelconque sujet, et de voir leurs fonds de réserve en dollar ou en euro confisqués, suite à des sanctions instaurées par les Occidentaux à leurs égards".

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