Le Président polonais compare l’Ukraine à un noyé qui peut "entraîner dans les profondeurs"

Alors que la Pologne envoie son aide à l'Ukraine en raison du conflit avec la Russie, les deux pays se sont opposés sur la récente extension par Varsovie de l'interdiction des importations de céréales ukrainiennes, qu’elle juge nécessaire pour protéger ses agriculteurs.
Sputnik
Le Président polonais Andrzej Duda a comparé l'Ukraine à un noyé qui s'accroche à tout et menace de couler ceux qui tentent de l'aider, rapporte Reuters le 19 septembre.

"Une personne qui se noie est extrêmement dangereuse parce qu'elle peut vous entraîner dans les profondeurs... Elle peut tout simplement noyer le sauveteur", a déclaré le chef de l’État lors d'un point de presse après s'être adressé à l'Assemblée générale des Nations unies, en commentant le différend sur les céréales ukrainiennes.

Selon le dirigeant polonais, son pays doit agir dans son propre intérêt et se protéger.
"Certains milieux d'affaires ont des intérêts en Ukraine et voudraient vendre des céréales le plus rapidement possible et au prix le plus bas possible. Nous devons nous défendre contre cela", a-t-il indiqué.
En outre, M.Duda a exhorté Kiev à se rappeler de l'aide de la Pologne.
"Il serait bon que l'Ukraine se souvienne qu'elle reçoit de l'aide de notre part et que nous sommes également un pays de transit vers l'Ukraine", a-t-il noté.

Les tensions autour des céréales ukrainiennes

À la mi-septembre, la Commission européenne a décidé de lever les restrictions sur les importations de céréales de l'Ukraine vers cinq pays limitrophes de l'Union européenne. Cependant, l’institution a obligé Kiev à prendre des mesures pour contrôler les exportations. Par la suite, les autorités slovaques, hongroises et polonaises ont annoncé qu'elles étendaient unilatéralement l'interdiction d’importer des céréales ukrainiennes.
Kiev a réagi en engageant des poursuites auprès de l'Organisation mondiale du commerce. De plus, le ministre de l'Économie, Taras Katchka, a menacé de prendre des sanctions en représailles et d'interdire les importations de fruits et légumes en provenance de Pologne. En réponse, trois pays de l'UE ont déclaré qu'ils boycotteraient les réunions de la plateforme de coordination.
Le 18 septembre, Kiev a annoncé avoir porté plainte devant l'OMC contre la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, qui ont prolongé leur embargo malgré la levée des restrictions décidée par Bruxelles.
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