L’Afrique du Sud doit s’éloigner du dollar qui la "musèle", insiste une responsable

L’Afrique du Sud doit chercher des alternatives au dollar pour son commerce extérieur, a déclaré à Sputnik Nomvula Mokonyane, cadre du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC). Les efforts des BRICS en ce sens sont salutaires, selon elle.
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Devise hostile. Les pays émergents, notamment au sein des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud) doivent trouver une alternative au dollar qui désert leurs intérêts, a déclaré Sputnik Nomvula Mokonyane, Premère secrétaire générale adjointe de l’ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud.
Il est anormal que le commerce extérieur d’une nation soit si dépendant de la monnaie américaine, outrepassant largement la sphère des échanges avec les États-Unis, souligne la responsable. D’autant plus que le billet vert est un frein à la croissance sud-africaine.
"Pourquoi devrions-nous dépendre d'une monnaie qui est utilisée pour museler nos propres intentions de croissance inclusive? Ça n’a pas de sens de dépendre d’une devise pour tous les échanges commerciaux", affirme ainsi Nomvula Mokonyane.
Les pistes explorées par les BRICS pour mettre fin à cette anomalie sont prometteuses, estime encore la responsable. Le groupe des cinq se penchent sur plusieurs alternatives au dollar, depuis le recours aux devises nationales jusqu’à la possible création d’une monnaie commune.

Grogne contre le dollar

Depuis plusieurs mois, le dollar fait face à des vents contraires. Alors que le plafonnement de la dette américaine a fait parler, un processus de dédollarisation semble être à l’œuvre du côté des pays émergents. En Afrique, beaucoup sont partisans d’un usage des monnaies nationales pour commercer à l’extérieur, en lieu et place du dollar. Le Président kenyan William Ruto a notamment fermement défendu cette idée.
Il faut dire que les économies émergentes sont les premières à subir les variations du dollar, en particulier quand celui-ci se renforce, comme l’expliquait récemment des experts du Fonds monétaire international (FMI). Un dollar fort limite notamment les importations et l’accès au crédit.
D’autres pays remettent aussi en cause l’extraterritorialité du droit américain, qui s’exprime souvent à travers le dollar. Une manière pour la Justice américaine de s’aventurer hors de ses frontières et de mettre son nez dans les affaires d’autres États, en vertu de la seule utilisation du billet vert. Même des alliés traditionnels de Washington, comme Paris, conteste désormais ce principe. Le Président français Emmanuel Macron l’avait pointé du doigt après une récente visite en Chine.
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