Ce dont témoigne la décision de livrer d'armes US à sous-munitions à Kiev, selon un expert

La décision de Washington de transférer ses armes à sous-munitions à Kiev est un signe que toutes les armes classiques et la contre-offensive ne donnent pas de résultats, a affirmé à Sputnik une analyste en affaires internationales. Mais Il ne faut s’étonner de cette décision venant d’un pays qui a déjà utilisé ces armes et celles nucléaires.
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Washington a pris une décision très dangereuse qui peut être considérée comme un signal que les munitions conventionnelles en Ukraine et la contre-offensive ne fonctionnent pas, a déclaré à Sputnik l’analyste en affaires internationales Imelda Ibanez.
En fait, la lenteur et les mauvais résultats des troupes ukrainiennes ont été des facteurs que le Pentagone a pris en compte lors de l'envoi des bombes à fragmentation à Kiev, selon la spécialiste de l'histoire diplomatique de la Russie et de sa politique étrangère de l'Université d'État de Saint-Pétersbourg.
"Le gouvernement de Zelensky fait preuve de violation totale des normes du droit international humanitaire lorsqu'il a décidé [d'utiliser] cette arme très peu conventionnelle", poursuit-elle.
Pour M.Ibanez, cette démarche américaine s’inscrit dans sa logique d’action. Celle-ci est aussi revenue sur l'utilisation des bombes à fragmentation par Washington en Yougoslavie, ainsi que sur ses essais d’armes nucléaires au XXe siècle.
"Il n'y a rien d'étonnant au fait que l'État qui a créé le précédent pour l'utilisation des armes nucléaires à la fin de la Seconde Guerre mondiale ait décidé de transférer des armes à sous-munitions à Kiev, bien que dans des déclarations aux médias, il ait affirmé qu'il n'allait pas faire ça", a-t-elle réagi.

"Pas une décision de l’Otan"

Tout comme Londres, Madrid par le biais de sa ministre de la Défense, Margarita Robles, a critiqué la décision des États-Unis de fournir des armes à sous-munitions à l'Ukraine. Elle a déclaré que "ce n'est pas une décision de l'Otan" et que l’armement n’est pas utilisé pour la "défense légitime" d'un pays lors d'une conférence de presse retransmise par les médias locaux.
"Notre soutien à l'Ukraine est total et absolu, mais en respectant les décisions d'un pays souverain comme les États-Unis, l'Espagne ne partage pas cette décision, nous sommes contre l'envoi d'armes à sous-munitions", a-t-elle indiqué.
Pour Moscou, cette initiative américaine des armes à sous-munitions vise à prolonger le plus possible le conflit en Ukraine et à mener la guerre jusqu'au "dernier Ukrainien", a déclaré ce 8 juillet la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.
Selon Maria Zakharova, la livraison de celles-ci est une "nouvelle manifestation flagrante de la politique antirusse agressive des États-Unis.
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