Ce pays européen compte le plus de réfugiés ukrainiens

L’Allemagne accueille désormais plus d’un million de réfugiés ukrainiens. Mais les conditions d’hébergement ne sont pas toujours à la hauteur, en particulier à Berlin, selon RFI. La population allemande semble faire preuve de lassitude.
Sputnik
Déjà au cœur de la crise migratoire de 2015, l’Allemagne est de nouveau une destination privilégiée pour les réfugiés, cette fois venue d’Ukraine. Plus d’un million d’entre eux seraient désormais accueilli au pays de Goethe, dont 68.000 enregistrés uniquement à Berlin, rapporte RFI.
Devant cet afflux massif, les structures d’hébergements font cependant défaut dans la capitale allemande. L’an dernier, l’ancien aéroport de Tegel a même dû être réaménagé dans l’urgence en centre d’accueil. Au départ, il a été conçu pour des séjours courts, n’excédant pas 72 heures, avant une relocation ailleurs en Allemagne. Mais aujourd’hui, les réfugiés y passent en moyenne trois mois.

Lassitude des Allemands

Cet état de fait s’explique en partie par la lassitude de la population allemande. Les particuliers sont moins enclins à héberger les réfugiés:
"La société civile est moins mobilisée. Il y a moins d’Ukrainiens pris en charge de façon privée. Ceux qui les ont accueillis en mars 2022 ne pensaient pas qu’ils resteraient si longtemps", explique ainsi à RFI Carina Harms, qui dirige l’office des migrations de la ville.
Un constat d’ailleurs fait dans d’autres pays d’Europe, comme le rapportait récemment le Financial Times.

Dénazification nécessaire

Le politologue polonais Konrad Renkas a pour sa part expliqué que l’afflux de réfugiés confirmait la nécessité de dénazifier l’Ukraine. Un objectif affiché par Moscou lors du lancement de l’opération spéciale.
"La migration massive de la population ukrainienne vers le territoire de l’UE est porteuse de déstabilisation, au moins à l'échelle macro-régionale. Cela conduit à la désorganisation de nos économies et nous amène à une confrontation avec un ennemi considéré à tort comme vaincu : le nazisme", a-t-il ainsi déclaré à l’hebdomadaire Myśl Polska.

Impacts économiques

La prise en charge des réfugiés pèse en outre de plus en plus lourd sur l’économie allemande. Berlin ne comptait initialement pas augmenter l’aide à ces migrants, précisait le Tagesschau début mai. Mais le gouvernement fédéral a finalement été contraint de débloquer une enveloppe d’un milliard sous la pression des Landers.
Quant à la Pologne, une autre destination prisée de réfugiés ukrainiens, elle a décidé de mettre fin à plusieurs subventions distribuées à ces derniers. Les Polonais ont "peur de l'inflation et sont de plus en plus irrités par ce qu'ils perçoivent comme un traitement favorable des réfugiés ukrainiens", confiait ainsi au quotidien britannique le chef du bureau de Varsovie du Conseil européen des relations étrangères, début décembre.
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