Accord céréalier: l’Onu reconnaît un manquement majeur

Alors que les accords d’Istanbul portaient sur les engrais autant que sur les céréales, aucun fertilisant n’a été exporté via cette initiative, a admis l’Onu.
Sputnik
Un contrat respecté à demi? Les accords d’Istanbul, signés en juillet dernier, devaient permettre aux céréales russes et ukrainiennes de mieux circuler, mais les engrais faisaient aussi partie de l’équation, a admis l’Onu dans un communiqué. Or, aucun fertilisant n’a été exporté à travers les corridors aménagés à cet effet.
"Il y a actuellement 14 navires dans les ports ukrainiens qui chargent environ 600.000 tonnes de céréales et de denrées alimentaires.L'Initiative prévoit également les exportations d'engrais, y compris l'ammoniac. Il n'y a pas eu de telles exportations jusqu'à présent", a ainsi écrit le bureau du coordinateur de l'Onu pour l'Initiative céréalière de la mer Noire, autre nom des accords d’Istanbul.
L’Onu précise par ailleurs que 29,7 millions de tonnes de céréales ont été exportées dans le cadre de l’Initiative. Mais seulement 595.100 tonnes ont été transportées par des navires du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, pour soutenir les opérations humanitaires en Éthiopie, au Kenya, en Somalie ou au Yémen.

Les engrais de la discorde

L’Onu avait déjà tenté de faire pression pour laisser la voie libre aux intrants russes, en septembre. L’instance avait tablé notamment sur la remise en route de la conduite Togliatti-Odessa, le plus long pipeline à ammoniac du monde.
Le géant des engrais russe Uralchem était censé acheminer ses produits via ces conduites, jusqu’à la frontière ukrainienne, avant qu’un négociant établi aux États-Unis ne les achète, selon la proposition de l’Onu. Mais les négociations ont capoté.
La Russie est de plus en plus sceptique sur l'Initiative d’Istanbul, dont les termes ne sont pas entièrement respectés, selon elle. La Turquie a d’ailleurs admis que certaines promesses faites à Moscou n’avaient pas été tenues. L’accord doit expirer le 18 mai, après avoir été prolongé à deux reprises.
Des tonnes d’engrais russes restent par ailleurs bloquées dans les ports européens, du fait des sanctions décidées contre Moscou. Le Président russe, Vladimir Poutine, avait plusieurs fois appelé à en faire cadeau aux pays dans le besoin.
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