"Le Bénin n’a pas à être l’allié de la France contre la Russie", déclare le Président Patrice Talon

Le dirigeant béninois Patrice Talon a fait valoir que son pays n’avait pas l’intention de prendre le parti de Paris contre Moscou, refusant d’"aider un pays contre un autre".
Sputnik
Alors que la France a récemment accusé Moscou de voir en Paris "son ennemi numéro en Afrique", certains pays du continent ne semblent pas prêts à jouer les arbitres entre les deux parties.
Le Président béninois, Patrice Talon, a ainsi déclaré refuser de s’aligner du côté français, lors d’un entretien accordé à LCI. Il a également réagi aux récentes déclarations de Paris concernant l’action d’instructeurs militaires russes en Afrique.
"Le Bénin n’a pas à aider un pays contre un autre. Nous ne pouvons pas être un allié de la France contre la Russie. Ou l’allié de la Russie contre la France, la Chine et consorts […] Wagner est un prestataire privé armé. Faire appel à de tels prestataires n’est pas nouveau. Le principe n’est pas condamnable", a ainsi expliqué le chef d’État sur LCI.
Patrice Talon a rappelé que les Américains avaient eu recours à de telles sociétés privées en Afghanistan, sans que cela ne soulève la moindre protestation. Le dirigeant a ajouté que s’appuyer sur des sociétés paramilitaires pour lutter contre le terrorisme n’avait rien d’illégitime.

Paris et Washington ragent contre Wagner

En janvier, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, avait accusé "Wagner et donc la Russie" de faire de la France "son ennemi numéro un". Washington était allé plus loin en début d’année, qualifiant la société russe d’"organisation criminelle internationale". Le fondateur du groupe, Evguéni Prigojine, avait alors adressé une lettre au Pentagone, demandant des précisions sur les crimes lui étant reprochés.
En Afrique, l’action de Wagner semble également être l’objet de nombreux fantasmes. L’ambassadeur adjoint américain au Mali avait ainsi récemment reproché au groupe privé de commettre "des exactions et des violations des droits humains au Mali et ailleurs". L’ambassadeur russe à l’Onu, Vassili Nebenzia, y avait vu une critique déplacée du "renforcement de la coopération russo-malienne".
Fin janvier, le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua, avait par ailleurs déploré la "désinformation" à propos de Wagner, tout en remerciant Moscou de son appui pour tenter d’assainir la situation sécuritaire dans le pays.
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