Quand les États-Unis essayent de passer sous silence une catastrophe écologique sur leur sol

Un train chargé de substances toxiques a déraillé aux États-Unis, causant des dégâts environnementaux et des malaises au sein de la population locale. Mais la Maison-Blanche n’y a réagi que 10 jours plus tard, occupée à brasser de l’air sur les "ovnis" abattus. Les autorités locales assurent que l’eau peut être bue sans risque.
Sputnik
Une catastrophe écologique s’est produite le 3 février dans l’État américain de l’Ohio, suite au a transportant des matières toxiques. Cependant, ce n’est que dix jours plus tard qu’elle est devenue largement connue, juste après une déclaration de la Maison-Blanche.
Dans un premier temps, aucun journaliste n’était admis sur les lieux, alors que les médias américains gonflaient les rumeurs autour de plusieurs objets volants non-identifiés abattus dans le ciel nord-américain en l’espace de quelques jours. En effet, le ballon blanc chinois considéré comme un appareil espion, à l’origine de cette série de tirs, a été abattu quelques heures après les faits.
Même si les autorités assurent que le danger pour la santé est minime voire absent, la population locale fait état de plusieurs malaises et craint de subir des effets néfastes à long terme.

Que s’est-il passé?

Le 3 février, un train chargé de produits chimiques a déraillé à hauteur d’East Palestine, une localité de 5.000 habitants proche de la limite Ohio-Pennsylvania. Ce train de marchandises de la Norfolk Southern 32N comprenait 141 wagons chargés, neuf wagons à vide et trois locomotives. Cinq wagons transportaient du chlorure de vinyle, un gaz incolore utilisé dans la fabrication de produits en plastique.
À des concentrations élevées, ce gaz affecte le système nerveux et peut provoquer un cancer du foie, du poumon ou une leucémie. En cas d’incinération, le chlorure de vinyle se décompose en chlorure d'hydrogène et phosgène qui servait notamment d’arme chimique pendant la Première Guerre mondiale.
Il peut provoquer des étourdissements, des maux de tête et de la somnolence lorsqu’il est inhalé à court terme. Après une exposition chronique, il peut susciter une forme rare de cancer du foie. Les wagons contenaient en outre de l'acrylate de butyle et d’autres produits chimiques tout aussi dangereux notamment en cas d'inhalation.
L'accident a provoqué une explosion et un incendie qui a duré plusieurs jours. Par conséquent, des substances toxiques ont été libérées dans l'atmosphère.
Une partie des riverains a été évacuée. Trois jours après le déraillement, les autorités ont brûlé du chlorure de vinyle à l'intérieur de cinq wagons-citernes, ce qui a libéré de nouveaux éléments toxiques, selon les médias.
Cinq jours après l’incident, les autorités ont toutefois fait savoir que les résidents évacués pouvaient rentrer chez eux en toute sécurité. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) a déclaré 11 jours après le déraillement que les tests indiquaient que l'air et l'eau environnants étaient sans danger pour les résidents. Le régulateur a toutefois assuré effectuer des contrôles supplémentaires.

Dégâts et impact sur la santé

Néanmoins, les médias locaux ont rapporté qu'environ 3.500 poissons sont morts dans les cours d'eau aux alentours du lieu de l’accident.
Certains riverains se sont plaints d'avoir des nausées, les yeux irrités et des maux de tête après que des produits chimiques toxiques aient été rejetés dans l'air.
Les réseaux sociaux abondent en images montrant des dégâts environnementaux, dont la pollution de l’eau.

Aucun risque?

Entretemps, le gouverneur de l’Ohio a déclaré sur Twitter que les autorités avaient donné leur feu vert à la consommation de l’eau du réseau municipal. En effet, les tests n’ont finalement révélé "aucune détection de contaminants". Aussi, "l’eau municipale peut être bue sans risque".
De son côté, la Maison-Blanche a déclaré le 14 février, soit 11 jours après l’incident, surveiller la situation et rester en contact avec les autorités de l’Ohio.
L’administration Biden "étouffe avec diligence" les échecs causés par les faux pas des régulateurs locaux, a estimé à cette occasion la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. D’après elle, Washington utilise désormais tous les moyens pour éviter d'être touché par des attaques informationnelles sur la question de la catastrophe.
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