L'Unesco retire la "ducasse d'Ath", jugée raciste, du patrimoine mondial

Le 3 décembre, l'Unesco a décidé de retirer de la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité la "ducasse d'Ath" en Belgique. C’est un festival dans lequel apparaît un "Sauvage" grimé en noir, avec des chaînes autour des poignets.
Sputnik
Plusieurs pays africains ont soulevé la question à la 17e session du Comité du Patrimoine Immatériel de l'Unesco, à Rabat. Des délégués ont en particulier évoqué le contexte du mouvement "Black lives matter" aux États-Unis ainsi que la crise des migrants.
"Nous sommes des universalistes (...). Cet élément-là (le personnage du festival, ndlr) ne peut être accepté par l'Unesco. Je suis africain et je suis profondément choqué par ces éléments", a déclaré le représentant permanent du Maroc et président de séance, Samir Addhare.
La Belgique a elle-même "condamné toute forme de racisme et de discrimination" au cours de la session, se disant "consciente de la gravité de la situation" tout en invitant la ville d'Ath à réfléchir par elle-même au message que diffuse son festival.
Mais Bruxelles, au vu des débats qui globalement faisaient l'unanimité, a ensuite officiellement demandé le retrait avant que la décision ne soit adoptée. Certains membres ont cependant exprimé le souhait qu'au-delà de cette décision, le personnage incriminé soit retiré du festival.

Des dizaines de milliers de personnes

La ducasse d'Ath, en Wallonie (sud), existe depuis le XVIe siècle et rassemble des dizaines de milliers de personnes le dernier week-end d'août, avec comme point d'orgue le cortège du dimanche dont le Sauvage est la vedette.
La procession avait été inscrite par l'Unesco en 2008 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, intégrée à "l'élément +Géants et dragons processionnels de Belgique et de France+", selon l'organisation onusienne dont le siège est à Paris.
Plusieurs organisations se sont élevées ces dernières années contre les symboles qu'elle véhiculait. En août 2019, le collectif antiraciste Bruxelles Panthères avait ainsi mis en circulation une pétition contre une pratique assimilée au "Black face" - le fait pour un homme blanc de se grimer en personne de couleur- et dénoncée comme "un vestige de la mise en esclavage".
Fin 2019, l'Unesco avait déjà retiré de sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité le carnaval belge d'Alost, accusé d'antisémitisme.
C'était la première fois que cette organisation prenait une telle décision, s’intéressant cette fois, à la présence dans le défilé, d'un char caricaturant des juifs orthodoxes au nez crochu, assis sur des sacs d'or, qui avait indigné les représentants de la communauté juive de Belgique (environ 40.000 personnes).
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