Tentative de putsch au Burkina: "La nouvelle transition semble ne pas être du goût de la France"

Des "valets locaux de type français" pourraient être responsables d’une tentative de coup d’État déjouée au Burkina, a fait valoir à Sputnik l’analyste politique burkinabé. Pour lui, la nouvelle transition n’est pas appréciée par les autorités françaises, qui ont été "quasiment absentes" des rencontres officielles du Président Ibrahim Traoré.
Sputnik
Le 1er décembre, le Président burkinabé de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé qu’une tentative de coup d’État avait visé son pouvoir, mais avait échoué. L’analyste politique Bayala Lianhoué Imhotep a suggéré, dans un entretien à Sputnik, que cette dernière pourrait avoir été organisée par "des valets locaux de type français".
"Nous savons depuis le début de cette nouvelle transition que celle-ci ne semble pas être du goût de la France, qui a été quasiment absente des rencontres officielles du Président, non seulement avec le corps diplomatique, mais elle a aussi été très active lors du premier coup d’État du 24 janvier."
Compte tenu du "processus actuel qui est affiché révolutionnaire et qui est très clairement dur en termes de propos vis-à-vis de la France, on comprend qu’elle a dû s'appuyer sur ses relais locaux pour tenter de rétablir son honneur", a ajouté le spécialiste qui croit en une tentative de déstabilisation à l'origine de laquelle la France ne peut pas présenter patte blanche.

Présence des soldats français au Burkina

Bayala Lianhoué Imhotep a également livré son avis quant à la décision de la France de ne pas retirer ses militaires du Burkina, après avoir envisagé ce départ sur fond de manifestations antifrançaises.
Pour l’analyste, Paristient à sa présence parce qu’elle "pensait sur fond de chantage (…) elle a mordu la poussière, comme on le dit dans le jargon chez nous". La France "se rend compte que chaque fois qu'elle veut jouer la carte du chantage, elle a toujours perdu le jeu et elle a toujours perdu ce jeu d'échecs là", estime-t-il.
Et d’ajouter, Paris trouve "plus réaliste" de négocier leur présence dans la configuration actuelle et de voir dans quel cadre cela peut se tenir.
"Mais il est clair que l’opinion publique, nos autorités ont enfin compris qu'on ne peut pas traiter avec l'acteur du problème surtout si celui-ci se présente en tant que solutionnaire du problème. L'acteur du problème, nous ne le voyons pas comme un partenaire sincère, un partenaire dont la moralité est toute transparente. C'est pour cela que les autorités burkinabè, depuis 2020, ont attiré l'attention des autorités françaises par rapport à leur participation active à renseigner les groupes terroristes et à faire attaquer nos positions avancées."
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