TotalEnergies est poursuivi en France pour ses activités en Russie

Le groupe est accusé d’avoir fourni du carburant à l’armée russe, ce qu’il nie en bloc. La firme affirme s’être désengagée de la filiale incriminée. Toutefois, cette opération n’est pas sans conséquences et nombre de firmes françaises ont payé cash leur retrait du marché russe.
Sputnik
Une plainte pour complicité de crimes de guerre vient d’être déposée à l’encontre du groupe TotalEnergies auprès du procureur national antiterroriste. Le document a été préparé par l’association française Darwin Climax Coalition et l’ukrainienne Razom we stand qui milite pour imposer un embargo sur les importations d’énergie fossile en provenance de Russie.
Il est reproché à TotalEnergies d’avoir continué à exploiter le gisement de Termokarstvoïé situé dans le nord de la Russie après le 24 février et d’avoir fourni en carburant l’armée russe. A l’époque, le groupe avait expliqué que les condensats instables extraits sur le site avaient été exportés à l’étranger et qu’ils n’avaient pas pu être utilisés par l’armée russe comme carburant pour ses avions. Par la suite, il a annoncé avoir vendu ses parts au sein du projet le 18 septembre.
La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a confirmé ce vendredi matin que TotalEnergies faisait l’objet de poursuites.
"Aucune entreprise, petite ou grande, ne doit s'exonérer de l'application des sanctions", a-t-elle déclaré au micro de LCI.

Des départs de Russie qui coûtent cher

Depuis le début de l’opération spéciale, de nombreuses entreprises occidentales ont quitté le marché russe, subissant parfois de sérieuses conséquences financières.
Ainsi, en août dernier, la Société Générale a enregistré une perte d’environ 1,5 milliards d’euros suite à la cession de sa filiale russe Rosbank. Renault a également payé un lourd tribut. La marque au losange a enregistré une perte nette d’1,36 milliard d’euros au premier semestre 2022.
Quant à Danone, qui a annoncé le 14 octobre se désengager de la plupart de ses activités en Russie, elle a estimé dans un communiqué de presse que cette opération pourrait entraîner une dépréciation pouvant aller jusqu’à 1 milliard d’euros dans ses comptes.
Discuter