Nourrir l’Afrique avec des insectes va au-delà du cynisme, s'emporte un économiste

Un politologue et économiste russe a donné son point de vue sur le projet de Londres qui consiste à nourrir l’Afrique d’insectes. Selon lui, cette idée n’est que l’approche traditionnelle de l’Occident à l’égard de l’Afrique.
Sputnik
Alexander Dudchak, économiste et politologue russe n’a pas mâché ses mots. Au micro de Sputnik, il a réagi au projet de la Grande-Bretagne d’encourager les pays africains affamés à se nourrir d’insectes.
" Ce n'est pas la première fois que des pays africains sont traités comme des pays de troisième ordre, comme des colonies. Parce qu'ils ont été volés toute leur vie. Quant aux céréales, l'économie de l'Éthiopie et de la Somalie ont été détruites dans les années 90. Ensuite, des céréales ont été retirées de ces pays en échange d'une assistance supposée, et de fournitures de produits OGM. C'est l'approche traditionnelle de l'Occident", a déclaré M.Dudchak au micro de Sputnik
L’interlocuteur de Sputnik estime que l’Occident entrave l'envoi des céréales sur le continent noir.
"Alors que la Russie veut envoyer des céréales aux pays africains, l'Occident lui met des bâtons dans les roues en ne laissant pas les navires russes transportant des céréales sortir des ports, privant l'Afrique de nourriture", explique le politologue.
Pour M.Dudchak, le projet britannique va bien au-delà du cynisme alors que l’Europe se constitue des stocks de céréales dans le même temps. Il a ajouté, au micro de Sputnik, que les pays occidentaux volent effrontément l’Ukraine en rachetant sa nourriture à des prix de dumping.
Pour conclure, il considère que de nombreux pays africains disposent de ressources suffisantes pour sortir de la pauvreté, mais celles-ci finissent dans les mains des anciens colonisateurs, dont la France.
"Kadhafi voulait sortir l'Afrique de la pauvreté en développant un grand programme de développement. Mais la tentative de créer un État prospère a été réduite à néant par l'Otan", rappelle-t-il.

Un projet contesté par Moscou

Le projet britannique de promouvoir l’élevage d’insectes en Afrique s'est heurté aux critiques de Vassili Nebenzia, le représentant permanent de la Russie à l’Onu. Lors du conseil de sécurité, il a qualifié ce projet financé par la Banque mondiale d’approche cynique. Il a ensuite déclaré que les affirmations des autorités américaines et européennes selon lesquelles les sanctions antirusses n’affectent pas l’exportation de nourriture et d’engrais depuis la Russie était un mensonge. Ces mesures ne permettent pas à Moscou de financer en toute sécurité le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.
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