L’Europe va payer son charbon bien plus cher cet hiver

Les sanctions prises contre le charbon russe vont obliger les Européens à s’approvisionner ailleurs et à un prix plus élevé, confie un spécialiste de l’énergie, Damien Ernst, à Sputnik. La sécheresse qui handicape les autres sources d’énergie encourage aussi ce recours au charbon.
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Le charbon, qui a fait un retour fracassant en Europe et notamment en Allemagne à cause des soucis d’approvisionnement en gaz, devrait se négocier au prix fort cet hiver. Le Vieux Continent devrait surpayer son charbon de 30 à 40% si ce n’est plus, a ainsi déclaré à Sputnik Damien Ernst, maître de conférences à l'Université de Liège.

"L'Europe a décidé de sanctionner le charbon parce qu'il est beaucoup plus facile de s'en passer que pour le pétrole ou le gaz russe. Le charbon est une matière première qui est relativement facile à extraire et à vendre dans le monde entier... L'Europe peut s'approvisionner auprès de pays autres que la Russie, mais à un prix plus élevé... Les prix de détail du charbon ont augmenté en Europe de 30 à 40% depuis le début de l'année et devraient continuer à augmenter", explique-t-il ainsi.

Le spécialiste souligne que l’Europe a pris un virage sur la question du charbon et qu’il n’est plus d’actualité de fermer les mines, sous prétexte de lutte contre le changement climatique. Bruxelles a cessé de critiquer la Pologne, qui a toujours refusé de se passer de ses célèbres cailloux noirs, et même les objectifs environnementaux de l’Allemagne à l’horizon 2023 sont devenus discutables.
La coalition allemande, qui s’appuie sur le soutien des Verts, est par ailleurs incapable d’apporter des solutions à la crise de l’énergie, ce qui devrait amener à la réouverture des centrales nucléaires outre-Rhin, précise Damien Ernst.

La sécheresse aggrave encore le problème

Au-delà de sa position périlleuse sur les énergies russes, l’Europe est également en prise avec une rude sécheresse, qui restreint l’accès aux autres sources d’énergie.
Le manque de vent empêche les éoliennes de produire à plein régime, alors que le bas niveau des rivières handicape les centrales hydrauliques et même les réacteurs nucléaires qui puisent de l’eau pour leurs systèmes de refroidissement, explique Damien Ernst.
Malgré son important parc nucléaire, la France passe également à la caisse et a vu les prix de l’électricité bondir jusqu’à 650 euros le mégawattheure. Le pays paie notamment sa décision de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, explique le spécialiste de l’énergie.
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